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Par : dozeville
Publié : 20 août 2012

Le cidre

On ne saurait parler de la Normandie en ignorant ce breuvage.

Le premier "Traité du sidre", par le médecin Julien Le Paulmier, est paru en 1589 à Caen chez Pierre le Chandelier.

Une réédition en a été faite en 2003, la référence se trouve sur l’image de la couverture ci-dessous.

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L’édition de 2003

Le lecteur curieux devra se procurer l’ouvrage mais j’en citerai quelques passages.

Les pommes

Quelques noms :

Chevalier, Pomme-poire, Amer-doux blanc, Menuet, Soucy, Avoyne, Feine, St Gilles, Rouget, Oger, Cousinette, Becquet, Pomme cire, Turbet, Barbarie, Camiere, Belle-fille, Ecarlate, Ameret, Couet, Cul-noué, Haze, Doux de la lande, Herouet, Gros doux, Franche-Mariette, Coqueret, Riviere, Sapin, Feuillu, Trochet, Ozanne, Massue, Guybou, Varauille, Barberie, Peau de vieille, Roussette...

La fabrication : piler

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Un extrait du livre original

Que c’est que sidre & poiré, & la façon du sidre.

Les habitans de Paris, de Brie & de la haute Normandie, qui eſt confine tant à l’isle de France, qu’à la Picardie, & au pays Chartrain, appellent sidre, tout breuvage fait de jus de pommes ou de poire separément ou en confus. Mais en Costentin, et au reſte de la basse Normandie, on nomme proprement Sidre, celuy qui eſt fait de suc de pommes : Quelques-uns l’appellent aussi Pommé, les Biscains Pommade. Car celuy qui eſt fait de jus de poires, eſt par eux peculierement nommé Poiré. C’eſt donc Sidre, ou Pommé, ou Pommade, une espèce de bruvage usitee & familiere aux Normans, & Biscains : laquelle degoutte de soymeme, ou eſt tiree à la presse, de pommes bien pilees par les meules du pressoir. [1]

Syrop de ius de pommes

.. il (le cidre) a encores ceci de commun avec le vin, qu’il augmente, fortifie & excite la chaleur naturelle par sa douce & benigne chaleur, rendant la personne plus prompte, plus agile, & plus vigoureuse à toutes ses actions. Il resjouit aussi & est cause de liesse, par le moyen d’une vapeur temperere & familiere à la nature... C’est pourquoy nos ancestres ayans remarqué ceste vertu & faculté és pommes odoriferantes, & en leur jus, nous en ont composé un syrop, pour les melancholiques, que les Apothicaires dispensent par toute la France, & gardent en leurs boutiques. [2]

Le sidre est excellent pour les nourrices

Il fait abondance de laict aux nourrices, voire corrige le vice de leur sang, si elles avoyent esté nourries de vin, ou de biere au paravant : tellement que les Princes & grans Seigneurs devroyent estre bien curieux d’en faire user aux nourrices de leurs enfans, pour les exempter de tant d’inconvénients que l’usage du vin leur attire. [3]

Que l’usage du cidre rend la vie de l’homme plus longue que celuy du vin.

...Ce qu’on pourra remarquer en la vertu & vigoureuse viellesse d’une infinité d’hommes de ceste province, de quatre vingts, cent & six vingts ans [4], qui ne beurent jamais autre bruvage que eau & cidre...

A suivre ...

Notes

[1] ouvrage cité p 33

[2] ouvrage cité p 43

[3] ouvrage cité p 43

[4] 120 ans