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Par : dozeville
Publié : 20 mai 2012

1672 : Infanticide : quelle peine ?

Thomas Prouverre, apothicaire à Argentan, sous le titre "Accident très extraordinaire", rapporte une condamnation et ce qui s’ensuivit.

Accident très extraordinaire

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Le grand carfour Argentan
Extrait du plan Bouglier des Fontaines de 1755, conservé à la mairie d’Argentan

Deux d’aoust 1672, fut pendue dans le grand carfour [1] pour avoir estoufé son enfant et celé sa

grossesse, une femme ; Elle avoit esté condamnée, après avoir esté estranglée, d’estre jetée au feu ;

elle en appela à Rouen, le feu lui fut osté. Ramenée à Argentan, elle fut pandue par un apprentif

boureau et dépandue par des filles dévotes qui l’ayant portée dans le cimetière pour y être enterrée,

ont reconnu par un soupir quelle n’estoit point morte. Elle fut portée dans une maison proche ;

réchauffée ; les esprits revenus, elle fut saignée et si bien assistée quelle est demeurée bien vivante et

mise en service où elle a fort fidelement servi, ce qu’étant connu, le receveur des domaines fit de la

difficulté de payer le bourreau qui fit de grandes instances pour la retrouver pour la pendre une

seconde fois. Messieurs de la justice n’ayant appuyé, on sollicita le payement et la chose fut

assoupie, ce qui passa loin et près pour un grand miracle. Il fut chanté des chansons imprimées

plaines de mensonges, et circonstances non véritables. Elle vécu et bien servi plusieurs années

après.

 [2]

Notes

[1] actuellement place Henri IV

[2] Transcription tardive de Thomas Prouverre, apothicaire,

Manuscrit 46, Médiathèque François Mitterand, Argentan