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Par : dozeville
Publié : 22 juin

1562 Guerre religieuse et personnelle à Domfront

Lors de la guerre religieuse de 1562, quand Condé, Coligny, Rohan, la Rochefoucauld, Gramont, Duras se déclaraient pour la Réforme, il ( François de Boispitard) courut à Vincennes offrir au Roi son épée, commandait quatre cents hommes à Domfront, prit une part très active à la reprise de cette ville « pour le repos des principaux qui étoient venus l’en prier et requérir en sa maison, et pour le devoir du ce service du Roy et défense de la patrie ».

Il s’y mêlait bien aussi une vengeance personnelle. Ce n’étaient pas seulement les huguenots et les rebelles que poursuivait Boispitard. Dès les premiers jours, les Le Héricey, ses ennemis « avoient envoyé force soldats piller sa maison abandonnée, à la Barillière-en-Saint-Front, et après avoir emporté à charrettes de blés, foins, vins, cidres, lards, boeufs de salaison, suifs et cuirs, avec force filasses et ustensiles de ménage, ruinèrent et dispersèrent le demeurant à qui en vouloit ; après avoir brisé mon ménage de bois et vitres de madite maison, menacèrent après de la brusler, comme ils firent tous les fauxbourgs de la ville... avec plusieurs autres insolences et dépopulations qu’ils firent auxdites maisons et environs de la ville... n’omettant nullement de dire souvent à mes gens et métayers qu’ils contraignoient charroyer en ladite ville mes hardes et biens, qu’ils étoient bien fâchés qu’ils ne me tenoient ou n’avoient pu prendre pour me traiter à leurs souhaits, de quoi mon Seigneur me préserva de sa grâce spéciale, et permit que les mêmes auteurs de ces malheurs tombèrent en ma puissance comme coupables de tout le mal fait, à savoir lesdits Le Héricé, dits Pissots. »

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Notre-Dame-sur-l’Eau

La vengeance de Boispitard fut terrible. A peine le corps d’Ambroise Le Héricé eût-il été enterré au choeur et chanceau de Notre-Dame sur l’Eau, « lieu tant digne et sacré, où j’attends que Dieu me fera la grâce de reposer avec mon père et prédécesseur, après qu’il m’aura appelé à l’autre vie plus généreuse » , que Boispitard vint faire la révérence au sieur de Matignon et prit licence de lui de faire déterrer et pendre « la charogne dudit Pissot, enterrée en tel endroit par ordonnance divine, afin de me susciter l’esprit de volonté de ne souffrir telle indignité et injure sans y pourvoir hardiment et promptement, comme il me donnoit grâce et moyen de faire avant plus grande putréfaction et pourriture... Comme Dieu m’est témoin que je dis et écris sans jactance, l’ayant pensé et exécuté de ma seule résolution, par la grâce de Dieu, qui m’y a conforté, et de quoi aussi je me fusse facilement passé, n’ayant intérêt sinon les sépultures de mes père et mère et femme gisants en ladite église, en honneur desquels suis obligé d’aviser et soigner de mon vivant pour le devoir d’amitié et défiliation dont je leur suis obligé et redevable !... Devons tous présens et à venir rendre grâces à Dieu de ce que notre tourment et affliction n’a duré que trois mois... et de la joie de la prise et termination de ceux qui avoient conjuré contre Dieu, le Roy et la patrie, et tout gens de bien catholiques. »1

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Notes  :