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Par : dozeville
Publié : 29 octobre 2019

1683 recherche de la marque des larrons

Parmi les moyens mis à la disposition de l’enquête de justice (témoins, monitoires, autopsies, visites de médecins …), il en est un rarement mentionné : la recherche de la marque des larrons qui rappelle la fâcheuse recherche des marques des sorcières.

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Chirurgien de village
Pieter Jansz QUAST (1606-1647)

Ainsi en 1683, un nommé Préran La Croix, charpentier, demeurant au village de Beaumont, paroisse de Haute-Fougère, province de Bretaigne, aagé de quarante huict ans ou viron, est veuf et a deux enfants.

Il est arrêté pour vol de chevaux à l’Epinay-le-Comte. S’ensuit un très long dossier. Les témoins-accusateurs sont-ils peu convaincants ? Le tribunal ordonne donc une recherche peu ordinaire dont voici le compte-rendu :

Nous, François Le Provost, lieutenant des chirurgiens de la ville et viconté de Domfront, et Jean Cousin, chirurgien juré de ladite ville et viconté, attestons que ce mardy vingt quatre iesme jour d’aoust mil six cent quatre-vingt-trois, en exécution de l’ordonnance de justice en dabte de cedit jour, nous estre transporté dans les prisons royales de cette ville pour visiter la personne de La Croix Préron, prisonnier pour voir et recongnoistre sy ledit La Croix Préron avoit la marque des larons.

Faisant laquelle visite, l’avons trouvé dans la chambre du consel de ladite consiererie1 où nous l’avons faict despouiller et icely visiter où nous luy avons baillés plusieurs palmes de mains pour recognoistre sy ladite marque de larons estoit paroisente, mesme luy avons faict quantité de ponctions desquelles est sorty quelque sang avec une sensibilité.

Pourquoy jugons que ledit La Croix Préron n’a aucune marque, ce que nous attestons véritable. Le présent délivré à Mesieurs les gens du Roy pour leur servir et valoir ce que de raison2.


Finalement, au terme d’une longue procédure, notre quidam est condamné d’estre battu de verges par l’exécuteur des sentences criminelles jusqu’à effussion de sang par trois divers jours de marché par ledit carrefour de cette ville et banny de cette province et de celles de Bretaigne et du Mayne à perpétuité avec deffences de rentrer à peine de la vie et oultre l’avons condamné d’estre marqué de la marque aux larrons.



Notes :

1 La Chambre du Conseil de la Conciergerie