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Par : dozeville
Publié : 13 octobre

1725 Disette à Bellou-en-Houlme et émotion populaire à Caen

De temps à autre, un curé se permet quelques digressions dans les registres paroissiaux. A Bellou, ces encarts nous donnent quelques aperçus sur la vie locale et régionale. (On peut cependant déplorer les taches et surcharges qui rendent le texte peu lisible.)

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Emotion populaire à Paris

Le lecteur se souviendra que l’année 1725, il est arrivé une cherté subite, que le seiggle qui ne valait d’ordinaire que soixante sols1 a valu un lundy à Breouze jusqu’à 13 lt, l’avoine 7 lt et le sarasin 7 lt. La plupart des habitans de France seroyent morts de faim sans les bleds des pays étrangers et principalement d’Angleterre, d’Hollande et des pays du Nord.

Pendant cette année, il est presque toujours tombé de l’eau, principalement depuis le 25 avril jusqu’à la fin de l’année. A peine a-t-on pu faire la récolte des bleds, principalement de seigles, mais l’on ne peut faire de pain sans le faire sécher dans le four.

Il y a plus de 200 chartées de foins perdues dans Bellou par l’abondance des eaus. La plupart des seigles que l’on a semé n’ont point levé, d’autant qu’ils ont pourrist dans l’épie par les eaux.

Le cinquantième denier2 a été établi cette années sur tous les biens que la terre produit.

Et il y a appréhension que l’année 1726 ne soit pas abondante en bleds et principalement en seigle. La province de Normandie a le plus soufert de la France pour la cherté des bleds et il y a eu plusieurs séditions dans les grosses villes3 de la part de la populace à cause de la cherté des bleds et de la pauvreté.

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Emotion populaire à Caen


***


Le lecteur se souviendra que l’année 1726 a été malheureuse par la disette des bleds et principalement la Normandie.

Il n’y a presque point eu de récolte de seigle. Les seigles que l’on avoit semés ayant pourry dans la terre ou ayant disparu après être levés. Dans cette année les 2 tiers de Bellou ne mangeoyent pas à demi vie de pain.

Les tributs excessifs, la paroisse imposée pour le gros de la taille à …. mil six cent livres sans les autres impositions.

Le duc de Bourbon fut destitué de … ministre a ………….. qu’il dépensoit le moins.

Les garçons tirèrent au mois de m… au sort pour la milice et le sort tomba sur six.

L’argent très rare en France.

Pendant 1725 1726, sans les bleds des pays étrangers, la France auroit péri par la famine4.



Notes :

1Soit 3 livres tournois (abrégé dans le texte en lt)

2Un (nouvel) impôt

3Dont Caen. On ne parle pas alors d’émeutes mais d’émotion populaire. Voir le "Journal d’un bourgeois de Caen" Aller à la vue 311 (page 295) et aux suivantes

4On trouvera ces deux textes aux Archives de l’Orne, Bellou-en-Houlme (1720-1729) vues 95 et 105. Textes signalés par Odile Riblier.