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Par : dozeville
Publié : 9 juin

Un peu de généalogie avec les archives hospitalières

Sous l’ancien régime, depuis le Moyen-Age, les hôpitaux avaient pour mission d’accueillir :

- les pauvres malades,

- les vieillards et infirmes,

- les enfants abandonnés ou orphelins.


Dans tout le royaume, ils sont créés et gérés par l’institution religieuse à l’exception de la Normandie où ce sont les villes qui sont à l’origine de leur fondation et qui les gèrent.

Ils sont donc dirigés par des personnes désignées par les municipalités et/ou par des dirigeants civils. Les religieux ne sont pas exclus, ils peuvent être administrateurs. Il y a d’ailleurs une église dans l’hôpital car, pense-t-on alors, assister aux offices est le meilleur remède1.

L’administrateur devait rendre des comptes chaque année "aux bourgeois, manans et habitans de la ville". Ces archives ont été, la plupart du temps, préservées2.


L’analyse qui suit est tirée du cas de l’hôpital d’Argentan.


Le personnel


- Les filles ou Dames

On se voue au service de l’hôpital par contrat avec une dot, un peu comme un contrat de mariage ou un engagement religieux3, c’est un engagement sans retour possible.


- Les prêtres condonnés

De même que les femmes, certains prêtres se mettent au service exclusif de l’hôpital (ils doivent payer une sorte de droit d’entrée).


- Les laïques

Enfin, certaines personnes entrent à l’hôpital avec tous leurs biens pour y finir leurs jours.
Toutes ces personnes (filles, condonnés et laïques) sont alors prises en charge complètement jusqu’à leur décès.

Il existe également des domestiques à temps complet qui sont rétribués. L’hôpital fait également appel aux corps de métiers pour des taches techniques et à des manouvriers payés à la tache ou à la journée. Ces personnels sont inventoriés au chapitre des dépenses. Cela brosse un état assez coloré de la vie à l’hôpital. On remarque seulement l’absence des médecins et la rareté des médicaments, mais ceux-ci peuvent être produit directement sur les terres de l’hôpital (plantes médicinales par exemple).


Le contenu de ces comptes


Ils se divisent ordinairement en deux chapitres :

- les recettes

La rédaction de ce chapitre est le plus souvent très soignée.

Les rentes, les baux, les droits de foire constituent l’essentiel des revenus de l’hôpital : les rentes sont dites "à fieffe", gagées sur un bien et attachées à ce bien. C’est en fait une vente qui est faite, non contre certaine somme comme nous procédons actuellement, mais contre une rente annuelle et perpétuelle. Elles se transmettent par acquisition ou héritage de ce bien : c’est en cela qu’elles peuvent intéresser le généalogiste.
Un exemple valant mieux qu’un long discours, on verra ci-dessous le cas de la rente Aubin.

- Les dépenses

La rédaction de ce chapitre est souvent moins soignée et donc plus difficile à lire. Ce chapitre va apporter des renseignements sur la vie de l’hôpital (qui se comporte un peu comme une entreprise : nom et profession des intervenants,travail, salaire, etc..), sur les secours aux enfants, aux femmes en gésine, ou encore aux malades de la peste (en 1638 par exemple).



Quelques exemples d’utilisation en généalogie :


1- La rente Aubin


Il s’agit d’une famille de Tournai-sur-Dive.

L’origine de la rente remonte au 6 septembre 1456 par acquisition. Restée 3 siècles dans la même famille, elle se transmet à la famille Amourel par mariage vers 1750. Il n’est pas nécessaire de procéder année par année : des sondages suffisent généralement.

* 1457

De Raul Aubin pour un héritage acquis de Samson Darel avec une rente attachée de 16 sols. Voir


*1519

De Raul Aubin à présent Guillaume et Jean Aubin 16 sols.

De Raul Aubin de l’acquisition de Macé Gaultier à présent Guillaume et Jean Aubin 10 sols

On voit donc,cette année là, une nouvelle acquisition donc une nouvelle rente. Voir


* 1527

Seulement le total de toutes les rentes pour Tournai-sur-Dive.


* 1546

Des hoirs Raul Aubin, à présent Jehan Aubin fils de Olivier Aubin et Guillemine Laisné : 16 sols.

Des hoirs de Raoul Aubin de l’acquisition de Macé Gaultier à présent Jehan et Guillaume Aubin et Jehan Laisné : 10 sols. Voir


* 1548

Des hoirs Raul Aubin, à présent Jehan Aubin fils de Olivier Aubin et Guillemine Laisné 16 sols.

Des hoirs de Raoul Aubin de l’acquisition de Macé Gaultier à présent Jehan et Guillaume Aubin et Jehan Laisné : 10 sols. Voir


* 1565

Des hoirs Raul Aubin fils Olivier : 16 sols.

Des hoirs de Raoul Aubin de l’acquisition de Macé Gaultier à présent Jehan et Guillaume Aubin : 10 sols. Voir


*1584

De Maurice Pierre Aubin au lieu de Raoul Aubin modo Jean Le Pere4 à cause de sa femme 16 sols.

De Maurice Pierre Aubin et Jehan Lepere les hoirs de Jehan Aubin pour Guillaume Lasne de l’acquet de Macé Gaultier 10 sols. voir


* 1607

De Denis Aubin fils Martin et Jehan Lepère héritier à cause de sa femme de Guillaume Lasne pour Raulin et Jehan Aubin 16 sols.

De Maître Pierre Aubin et Jean Lepere et les hoirs Jean Aubin pour Guillaume Lasne 10 sols. Voir


* 1630

De Nicolas Aubin fils Maurice Pierre fils Charles et Philippe fils Jean et Michel Thirmois ayant épousé une des filles de Colas Lepère au lieu de Marie et Suzanne Aubin et les héritiers de Denis fils martin et Collas Lepere héritier à cause de sa femme de Guillaume laisné pour Raulin et Jean Aubin 16 sols (reconnu au baillage le 29/4/1630). Voir

De Nicolas Aubin fils Maurice Pierre fils Charles et Philippe fils Jean et Michel Thirmois ayant épousé une des filles de Colas Lepère au lieu de Marie et Suzanne Aubin et les héritiers de Denis fils martin et Collas Lepere héritier à cause de sa femme de Guillaume laisné pour Raulin et Jean Aubin 16 sols (reconnu au baillage le 29/4/1630). Voir


* 1669

Nicolas Aubin fils Morice Pierre fils Charles fils Pierre fils Jean, Michel Thirmois héritier de Caillet Lepère à cause de sa femme pour Marie et Suzanne Aubin, ...Aubin, Nicolas Lepère, Guilllaume Laisné, Raullin et Jean Aubin, la fieffe de Raul Aubin du 6/9/1456 reconnue en 1630 : 16 sols. Voir

Nicolas Aubin fils Morice, Pierre fils Charles fils Pierre fils Jean, Michel Thirmois héritier de Caillet Lepère à cause de sa femme pour Marie et Suzanne Aubin, ...Aubin, Nicolas Lepère, Guilllaume Laisné, Raullin et Jean Aubin, la fieffe de Raul Aubin : 10 sols. Voir


* 1713

Jean et Nicolas Aubin, Pierre Charles et Philippe Aubin et Nicolas Lepère 26 sols de rente par fieffe du 6 /12/1450 (les deux rentes confondues). Voir


* 1750

Jean et Nicolas Aubin, Pierre Charles et Philippe Aubin et Nicolas Lepère 1 livre et 6 sols de rente reconnue en 1650 à présent Jacques Amourel fils Noël et Marguerite Aubin de Ste Eugénie. Voir




2- Actes de décès ou tenant lieu


*1639

Pour l’obit de Marie Mordefroit veuve de Godet Tabouret une haute messe le 22 janvier et vigilles le jour précédent 30 sols. Voir


*1638

De Cardin Meheut gouvernant les malades à St Roc XVII sols que Gilles Servin décédé à St Roc avoit. Voir

Des héritiers d’Anne de Lormaye, veuve de Marin Got pour les fraictz faitz pour elle et sa fille décédée de peste. Voir




Notes :

1 Ainsi, il était prévu des lits à l’intérieur de l’église de l’hôpital pour les grabataires.

2 A Argentan, on déplore seulement la disparition des archives des périodes de la Guerre de cent ans et antérieures ! Quelques comptes annuels manquent par ci par là.

4 Cela s’explique dans un des registres suivants comme celui de 1607