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Par : dozeville
Publié : 22 avril

1676 Un contrat de mariage peu fréquent à Tinchebray

Ce contrat passé à Tinchebray comporte une clause assez peu usitée : le fille sera partie prenante du partage des biens de ses parents avec son frère. Cela semble du à l’incapacité pour le frère de payer le dot du mariage de sa sœur (c’est une obligation pour lui lorsque le père est décédé).



L’onze iesme jour de novembre l’an mil six cents soixante et saize


Traittant et faisant le contract et consentement du mariage qui au plaisir de Dieu sera faict et parfaict en face de Saincte église catholique apostolique et romaine par entre Guillaume Chesney fils de feu Michel Chesney et Jeanne Le Monnier ses père et mère de la parroisse de La Lande Vaulmont, d’une part, et Léonore Dumont fille de feu Georges Dumont et Judy Roussin ses père et mère de la paroisse de Sainct Germain de Tallevende d’aultre part. A ce, fut présent Georges Dumont fils dudit feu Georges et frère de laditte Léonore, lequel a déclaré consentir et consent que laditte Léonore, sa sœur, aille à lots et partages de la succession de feu son dict père et de ladite Judy Roussin sa mère1 toutes foys et quantes etc2 Et partant sur ses pactions, lesdittes parties se sont donnés la foy et promins s’épouser l’un l’aultre à la première réquisition de l’un ou de l’aultre. Es présence et du consentement de laditte Judy Roussin mère de laditte fille et dudit Georges Dumont frère de laditte, fille honorable homme Michel Boyvin, Sieur des Vaux, Pierre Chesney, Jean Chesney, Gilles Chesney, Jean Baptiste Chesney, frères dudict Guillaume, Renaud Boyvin, Jean Le Monnier, Julien Anger et Julien Anger prebtre tesmoins, tous proches parents et amys desdicts futurs mariés. Présents lesdicts tesmoins.


10 signatures

3 mercs (marques)3


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Notes :

1 Normalement, une fille n’hérite pas des biens fonciers (et assimilés) de ses parents. Le père n’est pas obligé de lui donner quoique ce soit sinon un bouquet de rose. Après le décès des parents, les frères, eux sont tenus de lui fournir un don pécuniel (appelé capital après 1730-1740) dont une part ou la totalité constituera son dot ( sa dot) qui lui appartient en propre, à elle ou ses héritiers (et non à son mari). Pour éviter de payer, le frère consent au partage des biens des parents. Toutefois le total des biens des filles ne sera que le tiers des biens des garcons.

2 Toutes fois et quantes etc = formule juridique signifiant en gros «  le cas échéant », au moment du partage