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Par : dozeville
Publié : 8 mars

1684 Odeur de sainteté à la Ferté-Macé.

Mourir en odeur de sainteté, c’est, dans le langage courant, mourir en état de grâce.

Chez les morts, l’odeur de sainteté s’accompagne d’autres manifestations physiques remarquables telles que la non-corruption de la chair et/ou des sécrétions huileuses.

Un cas de ce genre est relaté dans le registre paroissial de la Ferté-Macé en 1684. Cependant une difficulté survient : qui est cette sainte ?


Nous Duchesnay, prestre, curé de la Ferté-Macé,

promoteur de la cour écclésiastique du Mans au siège de

Domfront, cerifions à tous présents et à venir que

le vingt huictième jour de juin de l’an mil

six cents quatre vingts quatre, nous, aiant esté

dit et raporté par plusieurs personnes que faisant

Nicolas Grosos, faisant l’ouverture de la terre dans

nostre église dudit lieu de la Ferté pour l’inhumation

d’un enfant, avoit fait la découverte d’un corps

entier et en odeur de sainteté, où il se faisoit un

grand concours de peuple. Pourquoy après avoir ledit

jour célébré la sainte messe, nous nous sommes en habits

décents transportés à la place ou est ledit corps, accompagné

de notre clergé, où estant dans la nef de ladite église

environ quinze pieds au dessus des fonds baptismaux, nous

avons trouvé un cercueil encore entier dont on avoit rompu

viron la moetié d’un caveau à la faveur duq de laquelle

rupture et d’un cierge, nous avons remarqué qu’il y

avoit en iceluy cercueil un corps dont les linges

de la sépulture se sont conservés blans, les jambes dudit

corps entières, que son estomach estoit couvert de …

terre, son visage entièrement découvert estoit décharné

couvert de gouttes d’eau comme d’une rosée, sans séparation

des partyes qui composent le visage. Après quoy, nous

avons fait refermer le cercueil et clorre ladite fosse

jusques à ce qu’il plaise à Dieu révéler sa saincte volonté

sur ce faict et n’avons remarqué aucune autre odeur

que celle de la terre nouvellement ouverte et est

ledit corps distant de la muraille de l’église viron

trois pieds et demy que plusieurs antiens nous ont

dit estre le corps de Jeanne Pinson et les autres

d’Anthoinette Jouenne femmes de cette paroisse

décédées toutes deux, il y a viron quarante ans,

sur quoy la chose est demeurée indécise.

Ladite Pinson aiant épousé Hierosme Dupont, ladite

Anthoinette Jouenne aiant épousé Andray Dupont

et vescu tant l’une que l’autre en femmes de bien

et fort exemplairement au raport des antiens qui les ont

veues et connues1.


Signé Duchesnay


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Notes :