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Par : dozeville
Publié : 2 avril 2012

1546 : Retrait à droit de ligne et sang

Le retrait lignager

Une pratique, très commune en Normandie jusqu’en 1792, nous est devenue totalement étrangère : il s’agit du retrait lignager.

Après une vente, les héritiers du vendeur, sous certaines conditions, pouvaient réclamer les biens vendus : d’abord ils "clamaient", la justice se saisissait du litige (mais une transaction amiable devant notaire était possible) puis avait lieu la "rendue" des biens.

Ci dessous il s’agit d’un retrait lignager à l’intérieur d’un contrat de mariage (la liste des ventes a été écourtée)

19/11/1546

Le xix jour de novembre l’an mil vc xv vi

Au traicté du mariage faisant par entre Jehan

Gaudin fils de deffunct Anthoine Gaudin

de la paroisse de Banvou d’une part et Marye

fille de honneste homme Michel Delalande

de ladite paroisse de Banvou d’autre en la présence et

du consentement de plussieurs de leurs parens et

amys d’une part et d’autre pour lequel

mariage faict et aconpli sy Dieu et Sainte

Eglise le consent a este donné et promis paier

par ledit Delalande père de ladite fille auxdits

futurs mariez la somme de cent livres

tournoys à une foys paye avecquez ce (qu’a) ladite

fille vestue et honnestement acoutrée et

atrousellée ainsy que a son estat apartient

et selon le lieu d’ou elle part et le lieu

ou elle va avecquez autres menuz meublez

selon la coustume du pays Au moyen

duquel acord et convenant ainsy faict

entre lesdits futeurs mariez discreptes personnes

Messire Marin et Messire Guillaume les Gaudins

presbtres frères vicaires de Notre Dame

du Chastelier oncles dudit Jehan Gaudin présents

audit acord et traicté se ? ayans voulloir

davantager ledit leur nepveu et pour la bonne

amour naturelle qu’ilz ont a luy et a son

frère puisné et en charité ont promis et

soy sont obligez bailler et remettre entre

les mains dudit Jehan Gaudin leur nepveu

et sondit frere tous et chacuns les héritages

que leur deffunct pere avoyt venduez et

transportez a diverces personnes dont ilz

ont de présent faict retraict et faict le renbours

des deniers qui en avoient esté baillez et

desboursez par les acquereurs d’iceulx mesmement

de plussieurs parties de rentes ypoteques

et foncières que ledit deffunct Anthoine Gaudin

avoit mis et créés sur ses biens —

et héritages lesquelles ont esté amortis

et retirés par lesdits presbyters lesquels est faict

en la faveur et bonne amour dudit Jehan

et sondit frere luy ont rendu toutes les

héritages de ses venditions desdits héritages et créations

desdites rentes et les retraictz et amortissement

qu’ilz ont faitz affin que a l’advenir

ledit Jehan et sondit frere puissent (user)

de ses chosses bien et honnestement et pour

prier Dieu pour lesditz leurs oncles

auxquels ilz ont baillé lesdits heritages dont

de présent ils estoient saisis avecquez autres

héritages dont le retraict avoyt esté fait

au nom dudit Jehan Le tout a luy baille

et rendre est quites sans en esboursez

ledit Jehan Gaudin ne sondit frère aucuns

deniers et les dyz ont quitez et tenuz

quites ladite rendue faite ainsy qu’il

enssuyt Scavoir est les venditions

.....

Le texte 4E98/39 p 124