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Par : dozeville
Publié : 6 décembre

1684 Le pont aux jetés à Argentan

Le manuscrit de Thomas Prouverre, apothicaire à Argentan, relate de nombreux traits de la vie locale.

Le court texte suivant évoque la situation des enfants abandonnés dans la seconde moitié du XVIIe siècle.

Un des plus grands bienfaits de l’hospital avait esté de renfermer les trouvés1, qui anciennement estoient exposés en la chapelle St Jean d’où on appelle le pont sur quoi elle est batie, le pont aux gestés2. En l’année 1646, on y establit des filles. Auparavant on ne recevoit aucun malade que des misérables passans qu’on mettait dans des loges sous la direction d’un garde de la porte. Pour les enfans trouvés, on les faisait baptiser et on les donnoit à nourrir à des nourrices qui vouloient bien s’en charger pour des sommes convenues et on leur laissoit jusqu’à l’asge de dix ou douze ans. Jusques en 1684 où on fit observer qu’on ne devoit pas les laisser ainsi sans instruction et qu’il valait mieux les reprendre à l’hospital pour les faire travailler mais comme on ne trouva point raisonnable de forcer les filles de l’hospital qui n’étoient point payées de se charger de ces enfans, on résolut de les assembler en une maison, aux Trois Croix, appartenant à l’hospital et les faire gouverner par une demoiselle en lui fournissant les vivres. Cette entreprise cousta fort cher. Ce qui fut avorté par un ordre du roy pour ériger un hospital général3 deux mois après4.

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Le pont St Jean
Le pont est fléché sur le plan de 1748 conservé aux AD 61.

En 1684, 32 garçons et 22 filles, enfants trouvés, étaient accueillis à l’hôpital.

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Notes :

1Les enfants trouvés

2jetés

3Cet hôpital général ne dura qu’à peine deux ans d’après Thomas Prouverre mais il figure sur le plan de 1748 (?)

4Manuscrit de Thomas Prouverre (détruit en 1944) – copie de Xavier Rousseau (collection particulière)