Vous êtes ici : Accueil > Transcriptions de textes > Vie quotidienne > 1631 Misère à Messei
Par : dozeville
Publié : 13 septembre 2017

1631 Misère à Messei

Quand on a quelques biens, on n’est donc pas pauvre. En l’absence de revenus, une vente pourrait être la solution, mais la Coutume Normande qui prévoit un droit de retrait pendant trois ans décourage les acheteurs.

Aujourd’huy samedi vingt neuf
iesme jour de mars l’an mil six cents
trente et ung devant Guillaume
Bourdon, tabellion royal en la viconté de
Mortaing et Mathieu Gauquelin
son adjoint au siège et chatellenie de
Tinchebray, furent présentz Guillaume Clopied, Guillaume
Loret, Jehan Loret, Thomas Morin, Thomas Paris,
Germain Trenchant, Nicolas Bellenger, huissier,
Guillaume Binet, Nicolas Binet, Jehan Binet, Moize
Paris et Jossias Binet la Gorgerie
Auxquels et chacun d’eux, ils ont donné pouvoir de
comparaitre lundy prochain venant à Argentan et autres jours
ensuyvantz tant que besoing sera et, là,
dire et déclarer, pour lesdits parens
constituans, qu’ilz recongnoissent que c’est
la vérité que Françoisse Binet femme séparée
de biens1 d’avecq Charles Loret, son mary, sont
en grende extrême nécesisté étant chargé
de quatre petitz enfans qui périssent de fain
avec eux n’aiant auchun moien de vivre
sans vendre ny aliéner quelque partie du
bien qui auroit esté lessé pour tiers à ladite
femme suyvant le mandement par elle

obtenu de …..2 Gailler escuyer conseiller du roi
viconté d’Argentan le vingt quatre iesme de mars
dernier et assignation auxdits parens
audit jour pour en deslibérer, ny ensemencer
les composts d’avoigne estant prests
[à] recepvoir la semence sur [la]partie des
héritages ainsy délessés à ladicte femme et à sesdicts
enfant atendu mesme que les aumosnes leur
sont deniés, ont …. par les susnommés
pour évitter \que/ ladicte femme., ledict Loret et lesdicts
enfans ne périssent de fain et attendu la
charté instante et qui n’ont auchun moien
pour vivre ny bien pour subvenir à leur
nourriture et entretien d’eux et de leursdicts
enfans qu’ils n’empeschent que justice les
autorise eux ou l’un d’eux de ladicte femme ou
sondict mary qu’ils vendent et aliènent
afin d’héritage à quelque personne que ce soit
de leur bien jusqu’à la somme de cent cinquante
livres3, pour lesdicts, provenantz de leur
vente et aliénation, estre enploiés tant
pour leur nourriture et de leurs enfans
que pour ensemenser leur composts et
avoir besteaux pour faire valloir leurs
héritages ainsy que par justice sera (acordé)
et de ladite déclaration …..
que ledict procureur et porteur des présentes
…...... lequel lesdits parents ont
promis tenir et ...etc4

*

* *

Notes

[3] ici référence au jugement de séparation

[4] 4E98/27/1 vue 97

1 c’est une façon assez fréquente d’éviter la perte totale des biens du mari

2 Le mauvais état du document et les difficultés de lecture que, malheureusement, je rencontre ne m’en permettent qu’une transcription partielle. On peut m’aider !

3 Il s’agit d’exonérer cette vente du droit de retrait pour 3 ans ou plus prévu par la Coutume

4 4E98/27/1 vue 97