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Par : dozeville
Publié : 10 septembre 2017

1760 Tapageurs et coureurs de nuit à Argentan

Les réquisitoires du procureur du roi mettent en lumière les comportements délictueux de l’époque.

Du 16 février 1759

Le procureur du roy remontre que malgré les sages précautions que l’on a prises de tout temps pour assurer la tranquillité publique dans cette ville, surtout pendant la nuit, cependant il a été informé que le dimanche unze de ce mois, certains quidans, coureurs de nuit et tapageurs, auroient insulté plusieurs personnes qui se retiroient tranquillement à minuit. Et non content de les avoir maltraités de parrolles les plus grossières, ils auroient voulu enlever une de ces personnes qui étoit du sexe. Que les mesmes quidans furent ensuitte chez un cabartier, voullurent y entrer de force ce qui occasionna un tumulte considérable.

Et comme il est de l’inthérêt publiq …..




Du 20 juin 1760 au Parquet


Le procureur du roy du baillage d’Argentan remontre qu’il y a quelques années, le siège fist informer1 contre les coureurs de nuit, que cette information produisit un bon effet, et que, depuis ce temps, la tranquillité avait succédé au désordre.

Mais qu’il est informé que, depuis quelque temps, on recommence à courir la nuit et à insulter le monde, même dans leurs maisons. Les lundy et mardy saize et dix-sept de ce mois, quelques jeunes gens furent dans une maison de cette ville et prétendirent, à onze du soir, forcer la maîtresse de la maison d’ouvrir la porte et de leur livrer une jeune fille retirée chez elle. Sur le refus de cette femme de condescendre à leurs violences, ils s’exhalèrent en injures et menacèrent même d’enfoncer la porte et voulurent metre leur dessein à exécution sans quelques voisins qui parurent et se trouvèrent même exposés aux insultes de ces tapageurs. Cependant, comme ils furent obligés de se retirer, ils entrèrent dans une chambre voisine de la maison qu’ils étoient forcé d’abandonner et, là, chantèrent des chansons si obcènes et à si haute voix que le voizinage en fût scandalisé.

Comme il est de l’intherêt publiq et du bon ordre d’empêcher pareilles choses,

Requiert le procureur du roy que des faits contenus au présent il soit extraordinairement informé à sa requête et qu’à cette fin mandement lui soit accordé pour faire venir tesmoins. Pour le tout fait et communiqué, estre requis ce qu’il appartiendra

Boirel du Perron2



Du 4 juillet 1750

Le procureur du roy du baillage d’Argentan qui a pris communication du procès-verbal arresté … par le lieutenant général criminel … le jour d’hier, des arbres coupés la nuit précédente taunt au Cour que sur la place Mahé de cette ville,

Remontre que les délits faits à ces arbres n’ont dub estre commis que par gens mal intentionnés et qui, dans la débauche et le libertinage, se croient tout permis.

Le procureur de roy a apris que dans la nuit du deux au trois de ce mois, temps où c’est fait ce délit, quelques particuliers auroient été entendus, soit dans le cour, dans la place Mahé ou dans les rues de cette ville, chantant et tenant des discours très indécents. Ces particuliers ont dub rentrer dans ledit endroit où ils se retirent à deux heures du matin ou environ, fatigués de leurs débauches et des excès qu’ils avoient commis. Et comme ces faits sont très répréhensibles et qu’il est interessant pour la sureté publique d’en découvrir les auteurs,

Requiert ledit procureur du roy qu’il en soit extraordinairement informé… pourquoy demande mandement pour faire venir tesmoins … se réservant … à se pourvoir par censure éclésiastiques…3

Du Fessier de Grandprey

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Notes

1Ici : enquêter

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