Vous êtes ici : Accueil > Transcriptions de textes > Vie quotidienne > 1685 la rue de la Poterie d’Argentan
Par : dozeville
Publié : 11 août

1685 la rue de la Poterie d’Argentan

Si le nom n’a pas changé, ce saut en arrière dans le temps ne manque pas de nous surprendre.

Au contraire, l’argument "économique" contre l’idée "écologique" - si tant est que nos catégories actuelles puissent s’appliquer au passé - est très actuelle, me semble-t-il.

JPEG - 49.4 ko
extrait du plan d’Argentan de 1748
La rue semble avoir bien changé en 60 ans.
La porte du tarif est identifiée 4.
Photo AD61

Du mardy dix-neufiesme jour de décembre 1684 à Argentan,


Nous, François de Viel, escuier, sieur et patron de Boissey, conseiller du roy, lieutenant ancien civil et criminel de monsieur le bailly d’Allençon es vicontés d’Argentan et d’Exmes, assisté de maître Jacques Da…1 commis en ce greffe, sommes, en exécution de nos ordonnances, rendus entre monsieur Gilbert Hemon et Gratien Planchet, bourgeois de cette ville, transportés en la rue de la Potterie de cette ville, faubourg Saint Martin, en la présence des gens du roy de ce siège, eschevins et sindics et desdites parties pour dresser procès-verbal de l’estat auquel est ladite rue, à commencer à la barrière du tarif de ladite rue jusque au droit de la maison de Maître Luc Lepelletier, contenant environ trente huit à quarante pieds de largeur et quatre cens saize pieds de longueur. Le milieu de laquelle rue nous a paru estre inaccessible, tant à cause des eaux qui y demeure, n’ayant aucun égout que des mares à fumier qui y sont presque tout le long, en sorte qu’elle n’est accessible que par les deux costés, et au droit de la maison dudit Planchet, il y a un fumier dans le milieu, ne restant des deux costés, scavoir douze pieds d’un costé et neuf de l’autre, qui servent de passage pour les chevaux et charestes, que nous avons trouvés en assez bon estat pour n’avoir jamais esté pavés. Et au-desous dudit fumier, vis-à-vis et au droit des maisons de la dame abbesse d’Almenesche, du sieur Desvaux Pinel, le sieur des Haies Marée d’un costé et de l’autre encore ladite dame d’Almenesche, les nommés Langauney, Leclerc et Paul Delaplanche, et Genu, nommé Pernelle, François Genu ou sesdits représentans, et est une grande mare remplye d’eau, boue et fange, innacessible avec chevaux et charettes, en sorte que ne reste de chemin du premier costé que, viron la largeur de huit à dix pieds en très mauvaise réparation et du segond costé que six à sept pieds de largeur en sorte que cet endroit là auroit besoin de réparation. Le reste de ladite rue nous ayant paru assés en bon estat à la réserve de que les ornières qu’il faut remplir de pierre et caillou pour rendre la rue plus large.


Ce fait, ledit Hemon a demandé acte de ce que le fumier dudit Planchet est encor dans le milieu de ladite rue et de ce qu’il persiste à ce qu’il a dit par la précédente accusation d’hier qui est cy devant faite.

Signé Hemon


A quoy [par] ledit Planchet a esté dit et remontré [que ledit]2 Hemon n’agit contre luy pour luy faire oster s[on fumier] que pour le persécutter en haine de ce qu’estant [collecteur] de la taille de cette ville, il auroit [esté] imposé au roole et qu’il est d’autant plus .. et moins recevable dans sa poursuite qu’il [y est] sans interest n’ayant ny maisons ny héritages, [n’étant] le voisin dudit Planchet, ny dans les lieux de la rue de la potterie et Maisons Bruneaux où se trouve [ledit] chemin, nous suppliant d’observer que sadite [mare] et fumier sont esloignées du pavé de la rue [de la potterie] et du lieu de la barrière qui …. le b… au droit des maisons que ….. de la demoiselle de St Ouen et Sébastien Dornois, que [elle n’est] pavée jusqu’aux maisons dudit …. et auxdites issues jusqu’en pleine campagne. Ce n’est qu’un chemin qui sert pour entrer dans ladite rue de la potterie. Il n’y a [pas de] pavé et qu’en la plus pavé, et nottamment joignant le fumier dudit Planchet, il y a une étendue de plus de six perches en long et une perche en large qui sont pleinnes d’eau corrompue et d’immondices par ou les harnois et chevaux ne peuvent passer, que aux deux costés desdits lieux et du fumier dudit Planchet, il y a chaque costé le passage de deux harnois de front, que des deux costés dudit chemin, tant au-dessus que au dessous dudit fumier et desdites maisons, il n’y a que des maisons par si par là et sans boutique, que ce qu’il y a de maisons sont en forme de bergements3 de campagne servant les unes à des fermes entières, les autres à des granges et estables qui ont leur ouverture de sortie sur le chemin que ces dites maisons. Il y en a qui ont leurs jardins sur ledit chemin seulement clos de haies, les autres leurs courts audit fumier sans closture sur ledit chemin, que au-dessous et distances desdites maisons et fumier se sont maisons en partye couvertes de chaume et qu’il y a quantité de fumiers au dessus et au dessous dudit Planchet et nottamment au droit des maisons du sieur de Varry. nous suppliant d’observer que ledit canton, où il est habitué4, n’est habité que peu des bourgeois, les journaliers et fermiers qui ont des besteaux … de mesme que sont les autres maisons des dehors des faubourgs de la ville. Il se remarque au Croissant et à la Fosse au sortir du faubourg St Jacques… à la rue au Beille, aux Trois Croix, [aux] capucins, au faubourg de St Thomas et au marais de St Martin, mesme sur tous les fossés de la ville.

Sy luy Planchet et tous les autres habitans dans les dehors desdits faubourgs estoient priés de mestre et asseoir leurs fumiers ………………………. et à la discreption dudit Hemon et ses pareilles pour estre forcé de les oster, ils en seroient obligés d’abandonner cette ville et délaisser en non valleur [toutes] lesdites fermes de hors la ville et [l’abandonner]. Nous supplie ledit Planchet d’observer ce qui est du bien public, de leur liberté et qu’il est beaucoup [plus] décent d’avoir son fumier où il est que d’y voir comme il s’y fait proche [un tas] d’immondices.

Demandant interest et depens de ... Hemon

Signé : Grafian Planchet


Ajoutant ledit Planchet qu’il offre prouver et vériffier que luy et les autres se sont [servis] de ladite mare à fumier de tout temps immémorials.


Par les gens du roy a esté demandé communication des pièces des partyes … aux fins d’y mettre leurs conclusions

Signé : De Mannoury


Par lesdits échevins et sindic a esté dit que comme la maison dudit Planchet et son fumier sont esloigné et à l’extrémité dudit faubourg dans une rue non pavée, ny habituée et … il y a plussieurs autres fumiers moins esloignés ainsy que dans toutes les autres extrémités et sorties de la ville, il n’empesche pour l’interest du public que ledit Planchet continue de mettre son fumier en sa place ordinaire à la charhe touttes fois de tenir le chemin, en devant soy, en bon estat.

Signé : Du Moulinet , Biard


Dont de tout nous avons accordé acte aux parties et dresser le présent procès verbal pour valloir et servir ce que de raison.


Soit communiqué aux gens du roi, ce 11e may 1985

Signé Dufour


Les gens du roy qui ont eu communication des pièces du procès d’entre Maistre Hemon, recepveur antien du domaine [de la] vicomté d’une part et Gratien Planchet, d’autre, ensemble des procès verbaux…. N’empeschent, lesdits gens du roy, que [le dit] Planchet sejouisse de ladite mare à la charge par luy de tenir les deux costés de ladite rue en bon [estat] de sorte que les charettes y puissent [passer] librement. Faict le dit jour et an que dessus.

Signé De Mannoury5

*

* *



Notes :

1Ici une tache.

2Ce passage est rendu peu lisible à cause de la reliure qui masque le texte. On constate le même problème plus loin, d’où l’usage de crochets pour restituer les parties manquantes là où cela est possible.

3hébergements

4Qu’il fréquente

5AD61 4BP337