Vous êtes ici : Accueil > Transcriptions de textes > Vie quotidienne > 1758 Enfants qui divaguent dans les églises d’Argentan
Par : dozeville
Publié : 9 août

1758 Enfants qui divaguent dans les églises d’Argentan

Le procureur du roi se préoccupe du comportement de ce que nous appelons "Ados" dans les églises de la ville.

Il n’oublie pas de fustiger les pauvres qui demandent l’aumône et de tous ceux qui ont un comportement "indécent" dans celles-ci.

Le 21 décembre 1758

Le procureur du roy remontre qu’il a été informé qu’il se commet quantité de bruit, de scandalle et d’impiéttés et d’yrréverences dans les églises de cette ville, notenment par des enfans qui s’y attroupent tant les jours ordinaires que pendant le service et les prédications. Il avoit déjà donné un pareil réquisitoire le 15 décembre 1750 sur lequel étoit intervenu une ordonnance qui enjoignoit aux huissiers de veiller à ce que la décence fust observée dans le lieu saint surtout les jours foirables1 et principalement pendant le service. Ils étoient authorisés à arrêter des procès-verbeaux, des contraventions et même en certains cas de constituer prisonniers les délinquants, mais la négligence de ses officiers a rendu sans effet des précautions aussy sages et ce n’est qu’en les renouvelant et y adjouxtant même des dispositions particulières que l’on peut obvier a des abus ausy intolérables.


Pourquoy requiert qu’il soit informé extraordinairement à sa requête des impiétés et yrréverences qui auroient pu ou pourroient se commetre dans les églizes et sacristies de cette ville. Et que cependant, par provizion, qu’il soit enjoint à toutes personnes d’être dans les églizes avec la modestie et le respect dûb à un lieu saint, sous les peinnes portéz par les déclarations du roy, arrêts et règlement de la cour.


-Que déffences soient faittes à tous pères et mères de laisser divaguer leurs enfans au-dessus de l’âge de quatorze ans dans lesdites églizes et sacristies, et auxdits enfans de s’y attrouper, ny faire aucun bruit, ny causer aucuns scandalles à peinne de cinquante livres d’amande, de laquelle lesdits pères et mères seront responsables en ce qui concernera leurs enfans et en outre à peine contre lesdits enfans d’un mois de prison.


-Qu’il soit pareillement enjoint aux huissiers de ce siège de tenir la main à l’exécution de l’ordonnance qui sur ce interviendra, d’arrêter des procès verbaux dans le premier cas et d’ans le second de constituer prizonnier les délinquants, à peine d’interdiction contre lesdits huissiers.


-Qu’il soit ordonné à l’huissier des pauvres de faire régulièrement des tournées pendant le service et de ne souffrir aucuns pauvres de mander l’aumône pendant le temps et de nous avertir régulièrement des contraventions qui pourraient arriver.


-Et afin que ce soit chose plus nottable et que l’on ne puisse prétendre cauze d’ignorance,

Requiert ledit procureur du roy que l’ordonnance qui sur ce interviendra soit lue et publiée aux pronnes des messes paroissiales des églizes de cette ville, à laquelle fin il soit enjoint au sieur curé ou ses vicaires de le faire à la première réquizition et d’en certifier dans huittaine.2




*

* *


Notes :

1 Lecture douteuse, pour jours de fête ?

2 AD61 4BP205/2