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Par : dozeville
Publié : 14 juin

1747 Malades et protestants à Frênes, supplique à l’intendant de Caen.

Les protestants ne peuvent ventre librement leurs biens : ils doivent y être autorisés par l’intendant.

A Monseigneur





Monseigneur de la Griffe, chevallier, conseiller

du roy en ses conseils, maître des requestes

ordinaire de son hôtel, intendant de justice, police,

et finances en la généralité de Caen.


Suplient humblement Judith Leboucher, veuve

d’Etienne Iver, et Jacques Iver son fils, de

la paroisse de Fresne,


Et vous remontrent qu’ils sont hors

d’état de gagner leur vie, la supliante

pour être aagée d’environ soixante quinze

ans, et le suppliant de quarante cinq,

grabataire depuis plus de trois ans d’une

poulmonie qui ne luy permet pas de rester

beaucoup sur la terre. Chargés de

misère, sans aucun secour humain

à la réserve de quelques personnes

charitables qui leur onts presté de

leur bien, et de peut être la valleur

de vingt livres de rente en héritages

qu’ils onts au plus en la paroisse

de Fresne qui ne peut au plus leur en

raporte la moitié rapport au dixième,

dîmes et tailles et autres crues qu’ils

sonts obligés payer, comme il paroit

par le certificat de plusieurs des

principaux de ladite paroisse, cy joint.


Les Supliants onts intention, pour

payer et aquiter ce qu’ils doivent

légitimement à plusieurs particuliers

et pour les faire subsenter le reste

de leur vie, de vendre et disposer

de leur peut de bien à un particulier

qui se présente, ce qu’il ne peuvent

faire s’ils ny sonts par vous autorizé

selon les loix, parce qu’ils \sont issus des gens/ font

professioné de1 la religion prétendue

réformée. Ils onts donc recours

à votre grandeur.


A ce que, Monseigneur, il vous

plaise, ayant égard à la misère

des supliants et qu’ils ont intention

de rendre ce qu’ils doivent légitimement,

les autorizer de vendre et disposer

leur peu de bien fonds à qui bon

leur semblera, lequel ne pourra jamais

monter au-delà \de la/ somme de quatre

cents livres. Et vous les obligerez

à redoubler leurs prières pour le

maintien de vôtre santé et

prospérité.


Présenté à Caen, le 23 janvier

1747


En marge


Vu la présente requête,

nous intendant de la Généralité

de Caen autorisons les supliants,

en vertu du pouvoir à nous donné par

le roy, de vendre et aliéner les héritages

qui leur appartiennent dans la parroisse

de Fresne, de valeur d’environ quatre cent livres,

à la charge pour eux d’en employer le prix

au payement de leurs dettes légitimes et le

surplus pour les aider à subsister,

ce qu’ils seront tenus

de nous justifier en

nous représentant le

contract2 de la dite vente

ou aliénation pour être

visé de nous. Fait

à Caen le vingt trois

Janvier 1747.


Signé : Lagriffe3



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Notes :

1Les ratures et ajouts en interligne ont du sens :

Texte original : parce qu’ils font profession de la religion prétendue réformée

Texte modifié : parce qu’ils sont issus de gens qui ont professé la religion prétendue réformée

2Le contrat est joint à la supplique dans le registre.

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