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Par : dozeville
Publié : 1er mars 2012

1387 : Chassons l’anglais ...

Je vous propose, après une première lecture, de relire ce texte en en transformant quelques mots, anglais en allemand par exemple, ainsi que les dates...

Charles, par la grâce de Dieu, roi de France, savoir faisons à tous présents et à venir,

de la partie de Pierre Le Clerc, pauvre homme de la paroisse de Sainte‑Honorine‑la Guillaume, en la vicomté de Falaise, nous a été exposé que, comme en l’an mil trois cent soixante ou environ, auquel temps les Anglais, ennemis de notre royaume, avaient occupé et occupaient les forteresses de Domfront en Passais, de Messei, du Bois‑du‑Maine, de Tînchebray et autres (forteresses) au pays de Normandie proches de deux à trois lieues ou environ du lieu où le dit exposant était demeurant, Jean Duval, de son propre mauvais propos et de sa volonté désordonnée, quand bien même il était né du dit pays, se rendit notre ennemi et rebelle et s’en alla demeurer et confiner au fort de Messei par l’espace de six semaines ou plus en accompagnant les Anglais comme complice en leurs méfaits et en tenant leur parti. Après, le dît Duval, en persévérant en sa mauvaise compagnie et inique volonté, accompagné de trois autres brigands et pillards, se transporta au dit lieu de Sainte‑Honorine et aux villages des environs où ils s’assemblèrent, pillèrent et volèrent tant de nuit comme de jour, prirent par manière de pillage et larcin, lancèrent filets et autres estorements d’hôtels, forcèrent les femmes et commirent tous les autres maléfices que faisaient et avaient coutume de faire nos dits ennemis. Pour résister à leur mauvaise volonté, quelques habitants du dit pays, parmi lesquels était le dit exposant (Pierre Le Clerc), s’assemblèrent [...] poursuivirent les pillards, croyant à leur manière de parler qu’ils étaient anglais. Quand ils attrapèrent le dit Duval, parce qu’il était nuit et parce qu’il tenait ce langage, ils n’eurent connaissance de sa personne, et à ce moment, le dit exposant, le prit avec une fourche et le retint par la cuisse. Il fut pris et arrêté, puis jeté dans une fosse pleine d’eau où il alla de vie à trépas (.,. ). Depuis ce temps et bien après, le dit exposant ni les autres qui étaient (présents) au dit fait n’ont été poursuivis par justice ni ne se sont absentés du pays en raison de cet acte qui était connu de tous, mais des haineux et des malveillants, aujourd’hui, plus par haine que pour le bien de la justice se sont efforcés et s’efforcent de leur faire dommage en corps et en biens en les accusant de la dite mort....

(Lettre de grâce du roi Charles VI, juin 1387 : Arch. nat. Trésor des chartes, JJ 119, n° 84, d’après H. Sauvage, Domfront pendant la guerre de Cent Ans, Domfront, 1885, p. 44‑46).

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