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Par : dozeville
Publié : 28 janvier 2016

1618 Mariage d’un roturier avec la fille naturelle de noble Jehan des Rotours

- Un noble de grande famille,
- une fille séduite par le précédent mais mariée à un autre,
- leur fille illégitime à marier,
- le frère utérin

Dans cet acte, malgré les apparences, rien de banal mais le plus intéressant n’est pas ce qui est dit mais ce qu’on peut deviner, notamment par les subtiles différences avec d’innombrables contrats de mariage.

La danse des noces

Faict à Serant


Au traicté de mariage que au plaisyr de dieu

sera faict et parfaict en face de saincte église

catholique, apostolique et roumaine entre

Louys Serant filz de funct Jehan Serant et de

Anne Ferant ces père et mère de la paroisse

de Saincte Honorine la Petitte de une part et

Françoyse Guibout1 fille naturelle de noble

Jehan de Routours, sieur2 dudit lieu [et] Marguerite

Guibout ces père et mère d’aultre part pour

veu que ledict mariage ce parface en face

de saincte église comme dit est, Pierre Desmoullins,

frère de ladite Françoyse sa seur3 et Marguerite

Guibout, mère de ladite fille, a esté promis payer

auxdits futurs mariés en don pécuniel4 la somme

de deux centz livres tournois5, de laquelle somme de

deux centz livres en esté employé les deux part6 à

tenir le nom et dot constitué en neuf livres de rente _par chacun an/

dès à présent7 et dès lors comme de présent et a promis ladite

somme de deux centz livres par terme. A scavoyr

le premier terme au jour des espousailles la somme

de centz livres et l’outreplus vingt cinq livres

par chacun an et ainsy d’an en an jusquez au

parfaict paiment desdites deux centz livres ainsy.

Puis a esté acordé entre lesdits futurs

mariés et ledit Pierre Desmoullins, frère de

ladite fille que sy ladite fille allas de vie

à décès sans enfant \vivant/ ysu dudit mariage en ce

cas que ledit Desmoullins aura et reviendra

à son seul profit ledit dot constitué an neuf livres

de rente, d’autant que c’est luy quy paye ladite

somme auxdits futurs mariés. A esté ainsy acordé

entre lesdites parties sy dessus desnomés

en glose : vivant et par chacun an et rayé : en don pécuniel


Faict es présence et du consentement de noble Jehan

des Routours8, sieur dudit lieu et honnestes hommes François

Daulné, Charlles Deflays, Jehan Guiboux, Guillaume et

Thomas distz Mallet, Thomas et Guillaume distz Serant,

François Lesage, Roc Lesage, oncle de ladite fille

tous parans et amys desditz futurs mariés. Faict

ce dix huictieme jour de novembre mil six centz

dix huict. Présence Jean Delaballe, prebtre, curé de

ladite paroisse de Saincte Honorine la pettite,

Enoc Desrues, curé des Routours.9




Le merc dudit Louys Serant

Le merc de ladite Françoise

Pi Des moullins

J Des Rotours

Huber

T Mallet

le merc dudit Flays

le merc dudit Jehan Guiboux

T Serant

le merc dudit Lesage

le merc dudit François Lesage

J Delaballe

Enoch Desrues


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En marge la reconnaissance du contrat le 29/8/1622 et un reçu de 100 livres

En bas quittance de 25 livres le 31/10/1619


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Notes :

1Elle porte le nom de sa mère comme c’était la coutume en ce début de XVIIe siècle.

2Sieur ou seigneur : à cette époque termes interchangeables

3Cela signifie que Marguerite Guiboux a été mariée avec un nommé Desmoulins (après la naissance de Françoise et sa liaison avec Jean des Routours)

4Capital (qui constitue le/la dot de la fille). Il n’est pas précisé ici la formule habituelle : Pour tout ce qu’elle pourrait prétendre aux successions de ses père et mère.

5Somme relativement importante, nettement au dessus de la moyenne de l’époque. C’est le prix d’une maison manable de bon niveau (maison servant d’habitation) ou encore un troupeau de 10 vaches.

6Les deux tiers

7Le couple n’en a que l’usufruit, le capital appartient à la fille ou à ses héritiers.

8C’est semble-t-il le père de l’épouse. Probablement, en réalité, ce n’est pas Pierre Desmoulins qui paiera les 200 livres mais ledit Jehan. Mais en cas de décès de la femme sans enfants, c’est lui qui héritera d’elle comme il est précisé plus loin). On peut penser que ce même personnage a aussi doté la mère en son temps et fourni le nécessaire pour élever la fille née de leur union illégitime comme l’attestent de nombreux actes de cette époque.