Vous êtes ici : Accueil > Transcriptions de textes > Vie quotidienne > 1685 Au cabaret, à Couterne
Par : dozeville
Publié : 4 juillet 2015

1685 Au cabaret, à Couterne

Scène de la vie quotidienne que l’on trouve plus souvent dans les archives judiciaires que dans les minutes notariales.

Il est vrai que cet acte a pour objet d’éviter un "long et somptueux" procès (ainsi que l’on désignait souvent ces sortes d’affaires à cette époque).

JPEG - 103.6 ko
La taverne - Teniers le jeune - vers 1670

Le dernier jour de mars après-midy

mil six cent quatre vingt cinq au bout du

pont de Couterne, parroisse dudit lieu, devant nous

soussigné, fut présent en sa personne Pierre Picault,

mareschal, demeurant en la paroisse de Nullié, vicomté

de Domfront, establi de présent en ce lieu, lequel

m’a requis luy délivrer acte de la recognoissance qu’il

faict de Charles Raimbaut, marchand, demeurant

audit lieu de Nuillé et à la dame sa femme, de ce que

ledit Picaut déclare que jeudy dernier estant à boire

\en la maison dudit Picaut proche/

en le cabaret dudit Raimbaut audit lieu nommé la

Loge de Foret, il survint différent sur le conte de

ce qu’ils avoint depensés. Pourquoy ayant eu

quelque contestation, ils en vinrent à dire des injures,

pourquoy ledit Picault estant isvre de vin, il

dit à la femme dudit sieur Raimbaut, donnant un coup

de poin sur la table : « Je n’ay jamais veu le pareil

de cette bougresse-là, il faut luy en bailler tant

qu’elle voudra » Et laquelle fin et pour éviter l’instance

et procès que le dit sieur Raimbault pouroit faire audit

Picaut pour lesdites injures, il déclare avoir dit

lesdites injures et recognoist que ce n’a esté que par

le vin, sans y chercher aucune malice. Pour quoy, il se

dédit desdites injures et proteste en faire la réparation

devant toutes les personnes que ledit sieur Raimbault et sa dite

femme le verront à propos et spécialement devant

les personnes [en] présence desquelz il a dit les injures

recognoissant outre l’avoir appelée « bougre de carogne » dont

pareillement il se dédit et pour la validité dudit

présent, ledit Picart a protesté qu’il fera signifier la

présente audit Raimbaut et à sa dite femme pour leur

servir de recognoissance et déclaration que ledit Picaut

leur prétend faire et n’avoir jamais proféré lesdites

injures par malice mais seulement estant meu

de vin et de colère sur le différent sur le différent arrivé sur leur

escot. Pourquoy je luy ay délivré acte de sa

recognoissance sous l’obligation de tous ses biens pour

luy servir ce que de raison et en ces termes ilz obligent

bien etc. Présence de Maitre François Lesas, receveur au bureau de

Couterne et René Chaloppin, escuier, sieur de

Villeneuve, tesmoins [1]

Notes

[1] AD61 4E99/13 vue 111