Vous êtes ici : Accueil > Transcriptions de textes > Le mariage > Mariages difficiles à Saint-Pierre-d’Entremont
Par : dozeville
Publié : 21 juin 2015

Mariages difficiles à Saint-Pierre-d’Entremont

Les registres paroissiaux de Saint-Pierre-d’Entremont ont été conservés depuis 1628.

Les curés semblent y être fort attentifs à la vie de leurs ouailles, obéissant ainsi aux consignes du Concile de Trente.

C’est ainsi que l’on peut appréhender de façon pratique quelques aspects du mariage

JPEG - 78.1 ko
Jan Steen - Le contrat de mariage

Les oppositions au mariage


Au début du XVIIe siècle elles sont relativement nombreuses et bien notées par le curé, ce sont même les seuls actes qui sont signés ! En voici un exemple qui permet également de bien saisir la difficulté de rompre l’engagement, même si le mariage n’est pas encore célébré


Aujourd’hui trente de juillet mil six cent trente six

se sont présentés par devant nous Julien de Chantepie, escuier

prebtre, curé de St Pierre d’Entremont les pesonnes de Ursin

Aubry et Anne Louvet fille de deffunct Robert Louvet

assistée de Margueritte Anguier, sa mère, lesquelz

nous ont déclaré veu l’opposition formée par ladicte

Anguier, mère de ladicte fille, aux bans et futur mariage

d’entre lesdicts Aubry et Anne Louvet, mesme le

mescontentement uniforme de tous les parens de ladicte

fille que lesdictes parties se résillient et départent

de leur foy, promesse en faveur de mariage, renonçant

à jamais s’entrepoursuivre l’un l’autre en auchune

manière pour cet effect voyant quoy et vu leur

requeste nous les avons renvoyez par devant

le juge ayant pouvoir pour ordonner

de la dite résilliation et requeste desdictes parties, à comparaitre

demain à Condé par devant Monsieur le doyen ou monsieur

son vicaire pour aprobation de tout ce que dessus.

Ilz ont signé. Présence de Raoul Defrance,

Gilles Mauger et aultres, tesmoings1


JPEG - 282 ko
Bruegel - Le repas de noce


La réhabilitation du mariage


Lorsque le mariage a eu lieu sans que les cérémonies et conditions fixées par le Concile de Trente aient été respectées, il est réputé nul et les enfants sont illégitimes. Il faut donc renouveler la cérémonie du mariage, situation que l’on rencontre fréquemment à St Pierre-d’Entremont au début du XVIIIe siècle.


Le 29e jour d’avril l’an 1724, après avoir reçu de

nouveau le consentement mutuel de Robert Letiran

et de Marie Turmel qui avoient vécu ensemble l’espace

de quatre ans comme mari et femme quoiqu’ils ne le

fussent point à cause de la nullité d’une dispense par eux

obtenue de Monseigneur l’Évêque de Coutance du quatrième

degré de consanguinité sur le faux énoncé de l’aage de 25 ans

de la part de ladite suppliante quoyqu’elle n’en eust pour

lors que dix sept et sur le fondement d’un domicile

faux et supposé dans la parroisse de St Germain

de Tallevande dudit diocèse de Coutance où les suppliants

étoient seulement allés et venus sept à huit fois.

Toutes les informations enfin duement faites, ayant obtenu

dispense dudit 4e degré de consanguinité de son Altesse

Monseigneur de Lorraine, évêque de Bayeux, nous avons

réhabilité leur mariage par parolle de présent, après les

y avoir disposés auparavant par la réception des saints

sacremens de pénitence et de l’eucharistie et avoir exa-

ctement rempli toutes les clauses et les conditions portées

par la présente dispense à eux accordées par laquelle

les enfants nés ou à naitre de leur dit mariage sont déclarés

légitimes sans que dans la suite on puisse rien leur

reprocher sur ces faits. Le tout selon la forme usitée

dans la sainte église. En présence et du consentement desdites

parties, parents et amis et témoins cy dessous signés2


------------

1 AD61 St Pierre-d’Entremont EDPT75_4 vue 31

2 AD61 EDPT75_5 vue 251