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Par : dozeville
Publié : 17 avril 2015

1668 Un nourrisson ressuscité à St Malo, en Bretanie...

Le notariat est parfois un lieu de trouvailles improbables. Il en est ainsi de ce texte non daté, dans une liasse de 1668, dans un notariat imprécis aux alentours de Putanges regroupant des actes de la vallée de l’Orne en passant par Ménil-Gondouin, Batilly, Sevrai.

On verra que l’orthographe et l’expression sont souvent maladroites et confuses : ce n’est en rien un acte notarié. Une raison supplémentaire de croire ce miracle ?

Unis dans la Mort

Unis jusque dans la mort

Danse macabre, France, fin du XVe siècle Paris, BnF, département des Manuscrits, Français 995, fol. 34v. (La mort de la nourrice entraîne celle de l’enfant).


La relation du miracle


Vené donc pour entendre un miracle

à présant d’une junnes mourisse qui n’avoit

que vingt ans, réclamant la Sainte Vierges

à tout heure et à tout moumant portait

le scapulaire dès l’âge de douze ans,

natives de la Bretanie de l’éveques de Dol

demeurait dans un noblesse proche de Saint

Malo en famile honneste ches Maistres

François Even demeurait. Cette nourisse

vivoit si chastement requeroit la Saint

Vierges et aussi Saint Nicolas. Arrive à la

norisse le douze iemes jour de feuvriel par

un grande fatigue, elle s’entdort sur l’enfant

o son sein sans malice ettouffa l’innocent

Quant elle fut éveiliée, elle s’ent aperceut, alluma

de la chandel et trouva l’anfant mort. Elle

s’écrie « Douce vierges, soiiés dont mont suport ».

La nourrice fut tantés par le malin esprit,

allait à la rivière pour se jetter dedans mais

la Sainte Vierges sacrée elle envoie et au devant

sitôt, elle s’achemine dant dans son chemin

trouva Monsieur Saint Nicolas : « Où t’ant vas-tu norisse ?

Où t’ant va-tu si tard ? – Je vais à la rivière,

j’a oubliié un drap. – Retourne t’ant nourisse, tu

trouveras Isaac ou la Vierge Marie  tient le

entres ses bras. » La nourice s’en retourne.

Elle a trouvé l’enfant que Jeseux et sa maires

avoit resucité et l’avocates de pouvres trépassé.

qui portait sans doute l’abit assurément

de la vierges Maris en espérances, ils sont

bien partagés de la gloire éternelle pour

l’avoir saluée.1


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Note

1 Liasse non cotée au AD61 : probablement 4E86/12 (vue 88)