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Par : dozeville
Publié : 17 mars 2015

1718 AVERTISSEMENT : Les cloches et les petits enfants nuisent gravement à l’édification des paroissiens de Sai

A l’heure où tant des plaintes et procès défraient les chroniques des journaux locaux, touchant notamment le bruit des cloches et le chant des coqs, il m’a paru savoureux de constater que ce n’est pas une nouveauté !

Seuls les motifs diffèrent : bien spirituel ou repos matinal !

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Sai - le clocher actuel.

Le dimanche vingt quatre avril mil sept cent dix huit, à l’issue des vespres de Say, devant nous Charles Angot, prebtre, trésorier de la diite paroisse de Say, se sont présentés les habitants et tenant biens de ladite paroisse en forme de général suivant le fait te..... de dimanche dernier pour délibérer de leur affaire et particulièrement touchant la décoration de leur église et le bien spirituel des paroissiens lesquels après avoir fait attention :


1° que la charpente ou befroy qui règne depuis le pavé de laditte église, jusqu’en haut du cloché défigure et diminue beaucoup la beauté de la dite église

2° que le son des cloches est si incommode qu’on n’y peut entendre les confessions et qu’à peine même on peut entendre le chant du coeur quand on sonne les cloches

3° que l’office divin est souvent troublé par les cris des petits enfans que les mères apportent dans l’église, n’ayant point d’autre place d’où elles puissent entendre la sainte messe,


ont prié le Révérend Père Pierre Casault, leur prieur1, de remédier à ces inconvéniens,


-en exécutant le dessein qu’il avoit ci-devant formé de bâtir une tour, au pignon du bas de ladite église, pour y pendre les cloches qui, étant au dehors de l’église, leur son n’incommodera plus au dedans.

-Le portail voûté qu’on peut faire sous cet édifice et d’où l’on peut voir à l’autel, sera une place convenable aux mères, pour asister à la sainte messe sans que leurs enfans troublent les saints mystères ni la dévotion du peuple.


A ce moyen, ce befroy qui défigure la dite église en sera osté, et ledit prieur pourra s’en servir, comme de tous les autres matéreaux du clocher, pour aider à la construction de ladite tour.

Consentent aussi lesdits habitants qu’il perçoive, pendant quatre années, à commencer par la courante mil sept cent dix huit, le revenu et casuel du dit trésor de ladite église, pour contribuer au même édifice, après que les charges ordinaires en auront été préalablement aquitées, prometant au surplus lesdits habitants favoriser ce pieux dessein, sans néaulmoins s’obliger à la dépence de la construction de ladite tour que de leur bonne volonté, dont ils seront libres.


Fait ce vingt quatre avril mil sept cent dix huit.2



Notes

1Sai dépend de l’abbaye de Silly qui y délègue un des siens comme curé. Il est alors dit prieur et non curé car c’est l’abbaye qui perçoit le bénéfice de la cure.

2AD61 H1635