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Par : dozeville
Publié : 18 mars 2015

1664 Les cloches de St Germain d’Argentan

La parole est à Mr le curé de Condé-sur-Noireau vers 1860, rédacteur de plusieurs ouvrages d’érudition.

Dans ce passage, il cite abondamment Thomas Prouverre de Bordeaux qui était trésorier de la fabrique de St Germain à l’époque des faits relatés.

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Page de titre de l’ouvrage de l’Abbé E. Laurent

1664.
- Le 17juin, il fut délibéré que « le trésorier achèterait à prix raisonnable tout ce qui lui serait offert de mitrailles pour servir à la fonte des cloches de Saint-Germain ; et qu’à cette fin il le ferait publier aux prônes de St-Germain et St-Martin pour avertir ceux qui en auraient à vendre ou à donner. »


1664. En cette année, toutes les cloches de Saint-Germain furent refondues. Nous devons entrer dans quelques détails sur cette opération.

Il y avait alors dans la vieille tour trois cloches « fort discordantes, pour leur différence de grosseur, » et dont la plus grosse était cassée depuis deux ans. « Elle y était très sujette , ajoute Prouverre, le métal en étant trop rafiné, ayant été fondue six fois depuis 50 ans. » Cette cloche appelée la cloche des Bourgeois (elle elle est déjà ainsi nommée dans un compte de 1597) pesait 4,600 liv. ; on la sonnait pour toutes les affaires de la ville. La seconde, appelée la cloche des Prêtres ou de la Confrérie, du poids de 3,600 liv., était mise en branle pour toutes les fêtes et assemblées de la Confrérie ; « excellente cloche, que l’on ne se rappelait avoir jamais été cassée. » La cloche de la Charité, qui était la troisième, pesait 2,800 liv.

Une assemblée publique fut convoquée par les trésoriers pour délibérer au sujet de la grosse cloche, qu’on ne pouvait plus sonner. « Comme le peuple, dit un témoin contemporain, est un animal de confusion, qui ne sait le plus souvent ce qu’il veut, » il y eut trois ou quatre réunions sans rien conclure. Enfin, Mrs le curé, de Bellegarde, lieutenant de M. le bailly, avec les trésoriers, résolurent de faire fondre les trois cloches, pour en faire six. Le travail fut confié au sieur Fr. Chauvel, dit Lacroix, fondeur de Bonnétable, auquel il fut accordé 260 liv. pour lui et ses ouvriers. Elles furent fondues le 13 août, sous l’appentis du cimetière, avec le plus complet succès. Comme il n’y avait point assez de métal, on y ajouta les trois plus petites des quatre qui se trouvaient dans la tour neuve, avec 700 liv. de nouveau métal. La grosse de la tour neuve fut refondue le 25 septembre suivant, pour en faire trois petites destinéesà la remplacer. Trois autres furent coulées en même temps pour les PP. Jacobins.

Un grand bénitier de métal, qui avait été donné par Guy Pitard, fut jeté dans la fonte des cloches. « En la place duquel bénitier en fut mis un de carreau, contre le pilier qui fait face à la grande porte du portail, sur lequel furent sculptées les inscriptions et armoiries du sieur Pitard (1). »› En outre, requête fut présentée à « Mgr le maréchal de Grancey1, gouverneur des villes et château de Thionville et d’Argentan, le 12 août 1664, par Philippe Enault, avocat, trésorier de Saint-Germain, pour ol›tenir de vieilles arquebuses de métal, déposées dans la maison-de-ville, pour aider à la refonte des cloches de ladite église. » Cette demande fut octroyée par M. du Breuil, lieutenant du roi au gouvernement de la ville, « a la charge de représenter le même poids de métal ou la valeur, au besoin, et de faire registrer la présente à l’Hôtel-de-ville. » Pareille requste présentée au Corps de ville fut accueillie avec la même faveur.

La bénédiction des cloches, fondues le 13 août, fut faite dés le lendemain par M. le curé, « qui prononça un long et curieux sermon de l’antiquité et usage des cloches. » Voici les noms des parrains et marraines : Pour la grosse , Me Jean Ango, sieur de la Mote, conseiller au parlement de Rouen, qui donna pour le trésor 44 liv., et dame Magdeleine de Montgommery, 22 liv. - Pour la seconde, Mre Fr. Guérin, procureur de la Confrérie des prêtres, qui donna, des deniers de la confrérie, 100 liv., et demoiselle Françoise de Gautier, veuve du sieur de Magni Ango, qui peu auparavant avait donné la tapisserie de haute lisse du chœur, 6 liv. -Pour la troisième, Me Jacques du Four, écuycer, sieur du Saucey, 22 liv., et la dame des Erables Brossart, 12 liv..
- Pour la quatrième, Me Maurice d`Avesgo, écuyer, sieur de Saint-Jacques, 44 liv., et la demoiselle de Maindeville de Bodinel , 100 liv. - Pour la cinquième, Claude du Four, écuyer, sieur du Saucey, 22 Iiv, et demoiselle de Gautier, Veuve du Sieur de Saint Yvière, qui épousa en secondes noces le sieur des Pantoullières, 10 liv. - Pour la sixième, Jacques Philippe, sieur du Moncel, 44 liv., et demoiselle Elisabeth Faucillon, 10 liv. - « Toutes les marraines donnèrent, en outre, des linceuls , qui servirent ensuite aux autels. »

Les parrains et marraines des cloches de la tour neuve furent : Pour la première, le fils de M. de la Thuilerie du Four et la fille de M. de Chiffréville de Gautier ; ils donnèrent chacun ll liv. - Pour la deuxième, le fils de M. Manoury de Perteville, 11 liv., et la fille de M. Prouverre de la Cressonnière, 9 liv. - Pour la troisième, le fils de M. du Homme Thieulin , 11 liv., et la fille du sieur des Hameaux, trésorier, 5 liv. 10 s.

1Le comte Rouxel de Médavy

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L’église St Germain d’Argentan
Gravure insérée dans le livre cité.