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Par : dozeville
Publié : 20 octobre 2014

1812 Cousinez-vous avec un "CHERAMI" ?

Il est des parentés éloignées mais chargées d’histoire, histoire que l’on a sans doute tendance à cacher sous le tapis. Et pourtant...

Nicolas [1], un mien parent par alliance, russe d’origine, né dans un camp de concentration en France, dont le grand-père était pope, de retour au pays dans les années cinquante (sa mère ayant cru les promesses du régime soviétique), revenu en France dans les années quatre-vingt m’a conté son étonnement à son arrivée dans les environs de Kiev.


Là, l’accueil de sa famille n’ayant pas été brillant, à l’école, ses condisciples le traitaient de "cherami" [2]. S’il reconnaissait bien les mots français mais il n’en comprenait pas le sens exact en russe, tout en percevant bien le ton malveillant.


Un jour, il osa questionner son institutrice qui lui expliqua que "cherami" était dans le langage populaire russe (ou ukrainien, je ne sais plus, Nicolas parle les deux) un synonyme de "mendiant". Devant sa surprise, la brave dame lui expliqua que, lors de la retraite de Russie à l’hiver 1812, de nombreux soldats français désertèrent. Dans les villages où ils parvenaient, ils se présentaient en tendant la main pour mendier en disant « Cher ami »...


Nicolas a ajouté que de nombreux français se sont établis tout au long du parcours de la retraite des troupes napoléoniennes et ont fait souche là-bas.


Ainsi si l’un de vos ancêtres a disparu en Russie, peut-être n’est-il pas mort dans la débâcle. Il peut même y avoir fait souche, la plupart du temps sans changer de nom !


A quand une cousinade à Moscou ou à Kiev ?

Notes

[1] c’est son vrai prénom mais je n’en dirai pas plus

[2] on me passera la désinence russe ajoutée au mot