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Par : dozeville
Publié : 6 octobre 2014

1701 Bâtir une école pour les filles à Carrouges

Depuis 1697, grâce à une fondation de la comtesse de Carrouges, une école de filles est ouverte.

Un problème de local surgit : le "général" des habitants se réunit pour trouver une solution.

Ce sera le don d’un terrain.

Aujourd’hui cinquiesme jour de may mil sept cent

un à la sortie des vespres jour et feste de l’ascencion,

à la sortie des vespres, sur l’advis que nous Mathurin Tessier

prêtre, curé de la parroisse de Ste Marguerite de Carrouges,

soubsigné, avons donné ce matin à nos habitants, tant à

la première messe et grande messe que ce soir à vespres, qu’il

estoit absolument nécessaire pour faire subsister l’eschole des

établie pour l’instruction des filles de trouver un fond pour faire

y faire bastir une maison pour l’eschole et que l’on n’en

pouvoit trouver d’autre qu’une certaine portion de terre en

frische de l’ancien domaine du thrésor qui est proche le cemetiere.

Après lequel advis et réflexion faicte par tous les habitants sur

iceluy, lesdits habitants se sont assemblés devant nous susdit curé au

son de la cloche en forme de général dont les noms et surnoms

ensuivent :

..................................................................................................................

49 noms dont 2 prêtres et 9 trésoriers et anciens trésoriers de la fabrique

..................................................................................................................

Touts lesquels présents faisants pour touts les autres absents

et fondant communité [1]. Après avoir conféré ensembles des moyens

nécessaires pour suivre et seconder les pieux desseins qui ont

par cy devant porté haute et puissante dame Anne Fani...

très digne épouse de feu haut et puissant seigneur, messire

François Le Veneur conte de Thillières et Carrouges à donner

à la communauté des dames de la Providence des escholes,

charitables du sainct enfant Jésus de l’institut du Port B..

à Rouen, une somme aussi considérable pour fonder et loger

à perpétuité une sœur maistresse d’eschole de ladite communauté

pour l’instruction des filles et femmes de cette paroisse. Lesdits

habitants considérants d’un costé les grands biens spirituels

qu’à produit jusques à présent ladite eschole qui a commencé

dès le mois d’octobre de l’année 1697 dans une maison de

louage dans laquelle le propriétaire a voulu et veut encore

rentrer au préjudice mesme du bail qu’il en avoit faict pour

six ans à ladite dame fondatrice, et voyants d’un autre costé

la difficulté que l’on a de trouver à louer ou à achepter un

logement propre à loger la soeur et tenir l’eschole, ont

volontairement cédé et donné gratis une portion de terre en

triangle qui est de l’ancien domaine du thrésor qui estant en

frische est de peu de valeur, jouxte d’un costé le mur du cemetière

du costé du St Rosaire, d’autre costé le grand chemin de Carrouges

au Mesnil Scelleur, d’un bout le chemin de la Hubonde au presbytaire

de ce lieu. A la charge par les supérieurs et directeurs de ladite

communauté de faire bastir, si bon leur semble, de leurs deniers ou

par aumosne sur ledit fond un logis pour tenir ladite escholes et

pour loger ladite soeur et d’enclore le reste de ladite terre par les m...

mis pour luy servir de jardin, le tout à perpétuité et pour cet effet

lesdits habitants consentent que le passage où escalier qui est vis à vis

la porte du St Rosaire soit transporté et mis au coin du cemetière

proche ledit chemin du presbitaire, proche le pommier de coquerel

qui demeure au bénéfice dudit thrésor aussi bien que les deux

arbres et la terre qui est devant la boutique de Claude Delivet

comme l’autre terre et arbres qui sont proche

et non enclose dans ladite terre cédée. A quoy est intervenue soeur

Marie Bulée, maistresse d’eschole, laquelle présente au nom de sa

communauté a eu le présent agréable et promet faire agréer,

consentir et effectuer le présent aux supérieurs et directeurs de la

communauté et au cas qu’ils ne le voulussent, la présente cession,

donation demeure nulle parce que lesdits habitants ne la prétendent

faire qu’en faveur de l’eschole#. Et comme la grosse cloche

est cassée dès il y a longtemps et qu’il faut beaucoup de bois

pour la faire refondre, lesdits habitants prétendent que l’on en

achepte, mais veulent que l’on abatte les poiriers qui sont

sur ladite terre cédée pour estre employés à refaire ladite cloche

et que les deux \petits/ pommiers qui avoient été abattu par

la foudre dernière sur la dite terre cédée soient replantés dans le

cemetière de ladite parroisse au lieu le plus propre pour cela.


#Et si par accident imprévu ladite eschole venoit à cesser, ledit fond reviendrait au profit dudit thrésor où il est à présent [2].

Notes

[1] formant communauté

[2] Ste Marguerite de Carrouges EDPT10_14_1 vue 53