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Par : dozeville
Publié : 7 avril 2014

1710 A Mantilly, l’occasion fait le larron.

A la fin du terrible hiver 1709-1710 "par besoin puissant de fournir à sa nourriture et à celle de sa famille" voici un habitant de Mantilly qui profite de la maladie du prieur-curé pour faire ses provisions et ce qui s’ensuit...


Du vingt et huit jour de juillet mi sept cent douze


Sur ce que Messire Jean Ferare, prêtre, prieur

et curé de Mantilly ….......1 en l’officialité du Mans au siège

de Domfront, auroit fait action criminelle le quatorzième de juin

mil sept cent dix contre certains particuliers en termes généraux, qui luy

auroient pendant le cours d’une maladie fort périlleuze en ladite année

mal prins et enlevé de nuit sur leur dos et avec chevaux pour neuf

cent ou mil livres de blé seigle qui reposoit dans la chambre de son

prieuré audit Mantilly dont ils auroient subtilement degonté et refermé la

porte autant de fois qu’ils ont voulu commestre ces sortes d’injustices dont

enfin ayant eu la cognoissance certaine par révélation sur monitoire et

autrement, il avoit fait informer le douze juillet suivant, décréter et

continuer l’information d’une manière que les nommés Pierre et François

Guedon, Pierre Ramard et Jacques Ramard et François Baudet paroissiens

dudit Mantilly auroient été trouvez coupables dudit enlèvement, décrétez

et rechargez par nouveaux tesmoins entendus, si bien que ledit sieur prieur

tout prest de faire mettre à exécution de riguer sur le fait le dixième

octobre mil sept cent onze contre ledit Pierre Ramard dit Finance et

complices. Lequel en ayant eu cognoissance, ne pouvant se déffendre,

s’est remis à l’indulgence dudit sieur prieur, auquel de bonne foy, il a

recogneu que par besoin puissant de fournir à sa nourriture et à celle

de sa famille, il auroit conjointement avec les dessus nommés provoquez

ainsy qu’ils disoient de même besoin, enlevé et aidé à enlever une quantité de

blé qui reposoit dans ladite chambre sans qu’ils en puissent à présent certifier

le nombre de boisseau comme d’action qui se faisoit furtivement et de

nuit entre plusieurs complices dont chacun tiroit à la fin. En considération

de quoy ledit sieur prieur, usant d’indulgence envers ledit Ramard

eu égard à son peu de bien, luy a fait remise en ce qui le touche

seulement et non les autres complices de sa part des dommages et de

dépens de poursuitte qu’il luy avoit peu supporter à raison de ladite

instance criminelle, solidairement avec ses complices laquelle

information étoit sur le point d’être continuée parceque néanmoins

ledit Ramard présent en personne demeurant au vilage aux Ramards en ladite

paroisse en payra pour sa part et portion de cinq, eu égard au nombre

des accusés la somme de trois cent livres dont en a esté payé

et le surplus payable dans touttefois et quante audit sieur prieur

par les voies de droit meme par corps. A quoy est intervenue

Gilette Las, femme dudit Ramarg de luy duement authorisée

pour l’effort du présent et Jean Boisgontier leur gendre demeurant

au Cassoir, paroisse de Passais, lesquels se sont se sont solidairement un seul

pour le tout comme pour délivrance de prison pour cas non civil

obligés au payment de ladite somme   2 livres restante à payer

et ce à la caution de tous les droits de ladite femme et de tous les

biens dudit Boisgontier aussy bien que ceux dudit Ramard lesquels sans

division demeurent affectez et hyppotequez généralement et spécialement

audit payment dudit jour quatorzième juin mil sept cent dix et en

plus ledit Ramard s’est obligé satisfaire à justice de son chef

pour ce qui résulte contre luy de ladite pleinte et en ce qui s’est fait

en conséquence sy a temps que le dit sieur prieur n’en sera nullement

inquiété ni recherché à peine d’interest et nouveaux dépens

Laquelle somme sera exigible par les memes voyes que les

interests dudit sieur prieur l’auroint esté s’ils avoint été jugez et

plus est accordé que si ledit Ramard vient à récidiver ou à

maltraiter ledit sieur prieur ou autres tesmoins ou voisins de parolles

où d’effect la suite du procèz criminel poura estre reprise comme de

premier, délivrera un autant3 du présent excécutoire

au sieur prieur à ses frais et payra Barrabé sergant si a temps

que ledit sieur prieur n’en sera inquis ni recherché, le tout sans

préjudice de la solidité contre tous les accuséz. Ainsy d’accord

après lecture fait es présence de Pierre Soutif

et de Thomas Plecis de Mantilly et à de plus recogneu le dit Ramard que ce que

ledit Boisgontier a fait ça esté pour luy faire plaisir et consenti la

récompence sur son bien s’il en coute audit son gendre glose obligez criminel

approuvé véritable présent les tesmoins

Ladite femme et ledit Boisgontier n’ont voulu signer.


Et du depuis ladite Gilette l’a signé, consenty,

agréé, accepté le présent. Présence aussy de

Pierre Rainfray Rondaunay et Julien Leroyer

Monrobert dudit Mantilly tesmoins4


Notes

1 titre non compris

2 ici un blanc

3 une copie