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Par : dozeville
Publié : 13 février 2012

1632 : Dissolution civile de corps et biens

le traize iesme jour de juing apprès midy

l’an mil six cent trente deux aux (Yvetiaux)

Pour évitter le malheur qui sembloit

inévitable du désordre et désunion

d’entre François Aulney et Margueritte

Delauney sa femme qui n’ont peu s’unir

d’amittié et de bienvellance depuis cinq

anés en ca qu’ils sont mariés et jouir de la

félicité et douce tranquilité donc on jouit

aux mariages bien fortunés et que Dieu bénit,

encore que leurs parents communs les

aient solicittés de s’aimer et contribué de

tout leur industrie et pouvoir pour estoufffer

cette hayne laquelle comme elle a prins sa

naissance dès le commencement de leur

mariage n’aiant ladicte Delaunay dès au précédent

peu plier ses inclinations à l’aymer y ayant

toujours tesmoignié de la répugnance

quelque induction et viollence que ses père et

mère y aient aporté pour luy faire consentir

et marier en un aagé si foible qu’elle

ne pouvoit encore avoir de choix et

d’élection sollide a toujours despuis continué

sans point changer son avertion et cé qui a

consceu tant de desplaisir et de mescontentement

aux sentiments dudict Aulney son mary

qui apprès y avoir emploié ses a(mitiés)

son industrie et enfin son auxthorité

en vain et sans fruict c’est jetté dans le

désordre et les viollences jusquez

l’a de l’avoir outtragée et offencée plusieurs

foys et venu jusques à telz excès que en

fin elle auroit esté necessitée de ce povoir

en justice et rendre plaincte pour luy estre

donné quelque fin à ses paines soit ou par

le chastiment deub à telles exactions

si insuportables ou par une séparation de

corps et biens comme il se voit par les

jugementz et réglements donné tant aux

cours d’esglise que séculières en telz cas et

désordre, sur laquelle plaincte y auroit

eu information faicte par le sieur de Sainct

Christofle, l’un des conseillers accesseurs

du siège de Falaise à cé commis par le

juge ordinaire du lieu et pour fuir au

fascheux et contageux jugement qui s’en eust

peu ensuivre et évitter les funestes accidentz

que un tel désordre traine souvent avecquez

soy, iceux Aulmay et Delaunay d’unne

fransche résolution apprès avoir assemblé

leursdicts parentz et conferé tous ensemble sus

ce subject ont agrée et consenty ceste présente

tranxaction et concordat pour leur servir et

valloir de règle avecquez une observance inviolable

pour le reste de leurs jours jusquez a ce

que Dieu y aict pourveu ainsy qu’il ensuit

furent présens ledit Aulney et ladicte

Marguerite Delaunay lesquels d’une

mutuelle volonté et consentement pour p---

et considéré et délibéré ont agréé et accordé

rompre de présent leur societté communauté

et demeure de corps et biens et ainsy se

sont séparés pour l’advenir sans respondre

des faictz et action l’un de l’autre soit

par voie directe ou indirecte comme s’ilz

n’avoient jamais été lié ensemble ayant

ledict Aulney consenty que ladicte Delaunay

remporte entierement tout ce qu’elle a

apporté en sa maison et suyvant qu’il est

contenu et exprimé en leur traicté de

mariage tant argent meubles mortz et

vifs que ses habits et aultres chosses

servante à son usage et tout ce qu’elle

pouvoit avoir de pecullion dont

l’inventaire en a esté presentement aresté et

mis entre les mains du sieur curé des

Yvetiaux aux fings d’en estre faict

le livrement à ladicte Delaunay

par ledict Aulney et jusques à l’entière

execution et cé dans demain et pour

la somme de cent cinquante livres

contenu audict traicté de mariage

attendu que ledict Aulney a dict (n’en)

avoir touché que cent douze livres

de son père, iceluy Aulney a promins

de les rendre

et paier sans procès du

jour d’huy en un an entre les mains de

Jullien Lesongeur de ladicte paroisse des Yvetiaux presbyter

pour estre emploié au benefice de

la dicte Delauney à ce qu’elle jugera luy

estre plus utille De laquelle somme

de cent douze livres Icelluy Lesongeur

demeure cauption pour la seureté et

imdampnité tant envers ladite Delauney

que ses héritiers et en attendant

lequel payment auquel il s’oblige

par corps et biens il a donné et

promis paier à ladicte Delauney dans la Guybray

prochainne la somme de dix livres en

argent et deux boisseaux de seigle

pour s’aider à vivre. Et en faveur

de tout ce que dessus ladicte Delauney

a de présent et pour l’advenir renoncé

et renonce à prétendre ou demander

auchun dot ny dhouaire ny auchunne

aultre prétention sur tous les biens dudict

Aulney soit durant sa vie ou apprès

son décedz et que son traicté de

mariage qui est demeuré entre les

mains de ladicte Delauney soit nul

et sans auchune force et effaict

comme si jamais il n’avoit esté faict réservé

pour scé faire paier dessus sondict père

de ce qui reste deub

Et pour l’entretien et exécution du

présent concordat et affin que la présente

dissolution soit solide plus permanente

et publique lesdictes parties en requièrent

et consentent l’enollogation aux

prochaines assizes dudict Falaise ou

ailleurs ou besoing serait pour plus

de notoriété Ayant nommey pour scait

effaict ledict Aulnay Maitre François (Guérin)

et ladicte Delauney Maitre Guillaume

Crosnier pour leurs procureurs

et a ledict Aulney recongnu qu’a

du contenu audict traicté de mariage

resteroit encore deub par ledict

Jacques Delauney trente huict livres

de l’argent promis et le grand coffre

de boys de chesne, les deux robbes

les six écuelles d’estain, le pot

d’estain les six assiettes d’estain et

les deux plactz d’estain du contenu

audict traité pour s’en faire paier sur ledict

son père donc ils furent comptens —

et quand à cé tenu et obligerent

respectivement biens

 [1]

Accéder à l’acte

Notes

[1] Suivent les noms des témoins