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Par : dozeville
Publié : 25 octobre 2013

La généalogie peut être un exercice douloureux.

Tous les français descendraient de Charlemagne et d’un pendu, dit-on.

Chercher le roi passionne mais le pendu, c’est une autre affaire...

Les recherches judiciaires, au XIXe et surtout au XXe siècle, sont toujours un sujet délicat.

Il y a quelques jours, j’ai été à nouveau contacté pour une recherche de ce type.

Il y a deux ou 3 ans, avant de commencer ce blog, j’avais fait une recherche sur un jardinier de St Christophe le Jajolet, fils d’instituteur, sous le second empire, qui avait escroqué des notaires de la région en rédigeant de faux billets à ordre.

Il avait fabriqué une trentaine de ces billets pour 200 à 300 francs de l’époque chacun.
Le faussaire expliquait comment il fabriquait son faux papier timbré : les notaires n’avaient rien vu.
Il y avait aussi un chef d’accusation pour homicide par une vieille dame de la région mais les gendarmes eux-mêmes, dans leur compte-rendu d’enquête, écrivaient qu’elle était folle et non crédible...

Le maire de la commune dans son témoignage expliquait que c’était le plus mauvais sujet de la commune, même qu’il avait "des idées socialistes" et que lorsque l’empereur était venu à Argentan, il avait poussé "des cris séditieux" !
Relaxé de l’homicide, il fut tout de même condamné à perpétuité pour les faux billets.
Pour le demandeur de la recherche cela lui coûta le prix d’un CD et les timbres de l’envoi : le dossier complet a fait l’objet de 250 photos environ.

Dans ce cas, pas de problème, l’histoire, bien que se terminant tragiquement, est plutôt truculente.

Depuis, il m’est arrivé de me livrer à l’exercice comme dans l’article 1926 Secrets de famille au Ménil-Gondouin et à la Fresnaye-au-Sauvage secrets résolus à l’aide des articles du journal l’Ouest-Eclair.
Ce fut assez dur pour la famille, mais vivant toujours dans la région, elle s’attendait à une histoire de ce genre. De la même façon, la semaine passée, après une simple recherche dans les journaux -entre 1922 et 1942 tout de même-, j’ai pu apporter la réponse à ce qui se disait dans la famille d’une autre correspondante "un arrière grand-père qui aurait tué sa maitresse et serait mort en prison sous les bombardement de 1944". La dernière assertion est fausse (pas de bombardement) mais le reste est réel et assez sordide puisque le drame est du à l’alcoolisme, si fréquent dans notre région.

Ma correspondante m’écrit en retour : "Maman et moi sommes un peu surprises et secouées de cette découverte !"

J’ai eu moi-même quelques mauvaises surprises avec des personnes que j’ai connues.

Nous rêvons tous un peu d’ancêtres glorieux, mais l’humilité, la difficulté d’être, la misère, les erreurs et même les crimes de nos ancêtres me paraissent aussi intéressants à considérer que les hauts faits d’armes.

Le meurtrier alcoolisé des années 20 est, peut-être, un ancien poilu qui montait à l’assaut avec une bonne dose d’alcool pour se donner du courage avec la bénédiction de l’état-major (on en trouve des cas, toujours dans l’Ouest-Eclair).

Sur un plan plus léger, nous admirons les belles planches de l’encyclopédie de d’Alembert et Diderot, mais les personnages qui y sont dessinés sont bien habillés, ne transpirent pas et ne se blessent ni ne meurent. Regardez donc une planche sur les forges et essayez d’imaginer la réalité !

Il n’y a ni monde idéal, ni ancêtres flatteurs, la réalité est multiforme. Ne soyez pas traumatisé par vos découvertes généalogiques.