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Par : dozeville
Publié : 17 février 2012

1785 : la variole à Goulet

Dans les années 1780, la variole semble endémique à Goulet. Sa saison de prédilection est l’été.

En 1785 l’épidémie redouble de violence. Les habitants reprochent au curé sa précipitation à inhumer les victimes, aussi fait-il établir des certificats par des chirurgiens-jurés d’Argentan.

Goulet : les décès au 2e semestre

  • 1782 26 dont 13 de maladie contagieuse
  • 1783 17 dont 5 de maladie contagieuse
  • 1784 11 dont 3 de maladie contagieuse
  • 1785 31 dont 14 de maladie contagieuse

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Nous chirurgien roial à Argentan, soussigné, certifions que le fils de Louis Viel, de cette paroisse, attaqué depuis quatre jours de la petite vérole, accompagnée d’une fièvre putride maligne, est décédé ce jourd’hui. Son corps couvert d’exanthèmes, l’odeur fétide qui en émane sont les signes caractéristiques des progrès de la dissolution putride des humeurs et prouvent combien il est urgent de donner la sépulture au cadavre dont un plus long séjour dans la maison où il est exposé pourrait devenir pernicieux à ceux qui l’habitent. Fait à Goulet le douze d’août mil sept cens quatre vingt cinq

Belot Dulombu

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Nous chirurgien roial à Argentan, soussigné, certifions que Catherine Henriette, fille de Louis Viel dénommé au certificat en l’autre part, est décédée ce jourd’hui par l’effet de la même maladie, également accompagnée d’une fièvre putride maligne, des mêmes simptomes et accidens qu’avait éprouvés son frère mort il y a deux jours ; qu’il est très urgent de donner la sépulture à son corps dont les miasmes putrides qui en émanent, pourraient devenir funestes à ceux qui sont forcés de respirer l’air qui en est chargé. Vu l’épidémie meurtrière qui règne actuellement dans cette parroisse et l’impossibilité où sont souvent les parens de ceux qui en meurent les victimes de se procurer le certificat d’un médecin ou chirurgien pour leur faire donner la sépulture avant vingt quatre heures depuis le décès, nous croions qu’en la leur donnant aussitôt après la mort connue, Monsieur le Curé, loin de contrevenir à la loi, en aura saisi l’esprit : tout ce qui peut nuire aux vivants doit être séparé d’eux. Fait à Goullet le quatorze d’août mil sept cens quatre vingt cinq

Belot Dulombu

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Moi, soussigné chirurgien de la ville d’Argentan, certifie qu’aujourd’hui vingt six juillet mille sept cent quatre vingt cinq, je été demandé pour aler voir un enfant à Monsieur Bias demeurant vilage de Migny de la paroisse de Goulet. Laquelle je trouvée couverte de pustules pourprées généralement sur toute la surface de son corps, seignement de nées, l’haleine cadavereuse. Vu ces simptomes j’ai fait avertir Monsieur le Curé de l’administrer, et ordoné les remèdes en tel cas requis et cependent si elle venoit à mourir de la sortir hor l’apartement et de prier Monsieur le curé de l’inumer sur le champ. Monsieur le curé a voulu un certificat que j’ai lui délivré environ sur les quatre heures et demie après midi afin qu’elle soit enterée sur le champ. J’ateste le tout, véritable, dans le contenu du présent. Fait à Argentan ce dit jour et an que dessus.

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