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Par : dozeville
Publié : 23 février 2013

Construire sa maison au XVIIe siècle

Au fil des rares actes sur le sujet de la construction d’immeubles privés, se dessine un schéma assez étonnant : celui de la "maison démontable".

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Mairie de Durcet
C’est une ancienne "belle maison" restaurée. Les deux pignons sont en pierre de taille (granite). L’étage est un logement.

 [1]

Dans le Houlme bocager, on appelle maison toutes les constructions. On ajoute un qualificatif pour les identifier :
- servant d’étable
- servant de grange
- manable
- à chauffe-pied.

Seules les deux dernières catégories sont à usage d’habitation humaine. Le qualificatif "à chauffe-pied" désigne une maison dotée d’une cheminée.

La maison manable est dotée de deux terrains :
- la chènevière ou clos à chanvre [2]
- le clos à herbes ou jardin à porée ou encore jardin à légumes.
- S’y ajoutent "les issues" c’est-à-dire l’accès aux chemins. L’issue peut-être un droit de passage (qui est un bien au même titre qu’un immeuble ou une terre) [3].

La disposition peut varier :
- dans le bocage

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Schéma de la maison minimum dans le bocage

- dans la plaine

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Schéma de la maison minimum dans la "campagne"
(proportions inconnues)

Les actes notariés font état de

Si la construction en pierre parait définitive, celle des maisons "de bois" peut surprendre : c’est une maison déplaçable au gré des besoins et des utilisations.

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Maison en ruine à Chenedouit.
Le pignon supportant la cheminée est en granite local. Remarquer la saillie extérieure des corbeaux supportant le manteau de la cheminée pour alléger l’effort.

En pratique, il fallait éviter que le bois ne repose directement sur le sol. Pour ce faire, on élevait un petit muret de pierre d’un à deux pieds de haut sur lequel on faisait reposer les pièces de charpente. Le sol restait souvent de terre battue [6].

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Aperçu sur la technique du torchis sur un mur dégradé.
En bas, le muret de pierre. (photos de l’auteur)

Hors-norme : déplacer une briqueterie !

Il y a quelques années, dans le Perche, à l’Home-Chamondot, on déplaça une briqueterie traditionnelle de 1760 pour des raisons d’accès.

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la Briqueterie des Chauffetières

Notes

[1] Avant la guerre 1939-45, une chambre, à l’étage de cette maison, servait aux nouveaux mariés pour leur nuit de noces - au dire de mon père-.

[2] Le chanvre nécessite une bonne terre. Il sert à de nombreux usages dont les vêtements de base, le linge, etc.

[3] La description de ce type d’aménagement se trouve dans les actes de vente mais aussi dans les contrats de mariage qui font allusion à l’incompatibilité d’humeur entre beaux-parents et nouveaux mariés. C’est, semble-t-il, le minimum vital pour ceux qui possèdent des biens.

[4] voir par exemple la cote AD61 4E98/29

[5] Rien se perd à cette époque, le réemploi semble la règle.

[6] Pour l’anecdote, en Bretagne, certaines danses étaient destinée à tasser la terre du sol grâce au martelage par les sabots !