Vous êtes ici : Accueil > Transcriptions de textes > Vie quotidienne > 1788 Enfant parisien mort en nourrice à Argentan
Par : dozeville
Publié : 5 janvier 2013

1788 Enfant parisien mort en nourrice à Argentan

A partir de 1740 environ, dans toute la région qui nous occupe, des acte de décès particuliers sont notés, en grand nombre, dans les registres paroissiaux :
- les enfants sont en nourice
- les parents sont indiqués, ainsi que leurs profession et adresse précises
- la nourrice est notée
- parfois est cité le nom du "Meneur d’enfants" ainsi que le "bureau des nourrices" d’origine.
- ces renseignements proviennent d’un "certificat" de ce bureau ainsi que le notent certains curés.

Le cinq avril mil sept cent quatre vingt
huit le corps de Marie Jeanne fille
légitime de François Finot imprimeur en
tailles douces et de Catherine
Mangin, son épouse, rue de pelleterie, chez Mme Mantilly
St Pierre, paroisse de Saint Jacques et Saints
Innocents de la ville de Paris, morte d’hier
chez la femme de Jacques Ingrémi, sa nourrisse
actuelle au lieu et place de Françoise
Ingrémi femme de Jean Baradu, sa
première nourrice à laquelle elle
avoit été confiée sous la conduite de
Bunou, meneur, agée d’environ un an
a été inhumée par nous vicaire
soussigné en présence de MM Du
Brac, curé, et Sanson, vicaire  [1]

JPEG - 68.7 ko
Le meneur ramène au village les enfants placés en nourrice.
Le convoyeur ramène au village les enfants placés en nourrice Tableau idyllique dans la tradition du XVIIe siècle. Mais la réalité est souvent moins riante (E. Jeurat, Laon, musée municipal). (Musée du Louvre, Paris)

Est-ce à dire que les décès étaient plus nombreux chez les enfants en nourrice ?

Nul ne peut pour l’instant ne peut répondre [2]. Cela est en partie du, comme souvent, à un problème lié à nos sources.

On ne connait pas, à ce jour, me semble-t-il, le nombre total d’enfants mis en nourrice dans la même région, ce qui nous empêche d’apprécier le phénomène. Certains enfants survivaient puisque j’en ai trouvé qui se mariaient dans la région. [3]

Mr Christian Lecomte a commencé une recherche sur ce sujet. Il a recueilli plus de 15000 actes de décès de ce type dans l’Orne. Tous ceux qui pourraient lui apporter des renseignements à ce sujet peuvent le contacter (ou me contacter afin que je les mette en relation avec lui).

 [4]

Notes

[1] Cote de l’acte : Argentan AC0006_33 vue 473

[2] voir ce qu’en pense E. Le Roy Ladurie dans la référence en annexe

[3] Sur la mortalité on pourra consulter mon article.

[4] Pour compléter cet aperçu, il faut noter que certaines paroisses comme Ste Honorine la Guillaume sont spécialisées dans les enfants trouvés provenant de l’hôtel-dieu de Falaise.

On ajoutera que les bourgeois d’Argentan confiaient leurs enfants aux paroissiennes de Mauvaisville (où ils mouraient eux aussi).