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Par : dozeville
Publié : 30 novembre 2012

1669 Nous marions-nous ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non...

Ce texte présente l’avantage de bien préciser les limites entre l’acte civil et la situation juridique qu’il provoque : du civil, on passe, ipso facto, au religieux.

Ceci explique la nécessité de passer par l’Église pour "casser" un contrat de mariage.

En la parroisse de Joué du Bois proche le village de la Mon...

Devant nous, Pierre Gaultier et François
Aumouette, tabellions royaux soubz la
viconté de Fallaize et ordinaires à Carrouges

Se sont présentés les personnes de Jean Guillochin
fils de Pierre et Margueritte Christophle, fille
de Michel, tous deux de la parroisse de Joué
du Bois. Lesquels, ayant faict ensemble
un traicté de mariage, procédé en conséquence
d’icelluy aux affidations et à la proclamation
d’un des bancs, demandent acte de la
déclaration qu’ils font qu’ils entendent
et désirent parachever le mariage entr’eux
encommencé conformément au désir du traicté
qui en a esté faict entr’eux, nonobstant
la déclaration qu’ils ont faicte par escrit
devant Monsieur le curé de la dicte parroisse
de Joué du Bois, le saizeiesme jour de juin
année présente mil six cent soixante neuf
portant comme ils n’entendoient exécutter
ledict traicté de mariage des fins duquel ils
se départoient vollontairement. Laquelle déclaration
depuis ils ont reconneue vittieuse, estant
contre les Canons qui deffend la dissolution
des promesses de mariage et affidations faictes
en face de Saincte Eglise sans cause
et parce que vérittablement la dicte dissolution
a esté faicte sans aucun subject par
persuasion illégitime et contre l’amittié
réciproque et actuel qui estoient entre
lesdictes parties. Lesquelles ont devant nous
susdicts tabellions déclaré qu’ils
n’entendent ny ne veulent se départir
desdictes promesses et qu’ils veulent
s’espouser l’un l’autre jouxte et conformément
au désir et clauses portées et réservées
en leurdict traité de mariage, en tesmoings
de quoy nous avons délivré la présente aux
parties pour leur servir et valloir ce qu’il
appartiendra. Ce trentiesme de juin
l’an mil six cents soixante et neuf. Présents
Michel Dalliphard de Joué du Bois et François Foucher,
Labrie de la Chaux, tesmoings. Délivré pour en témoigner. [1]

Notes

[1] Cote : AD61 4E96/75