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Par : dozeville
Publié : 29 novembre 2012

1669 Embauche d’un maçon à Ste Marguerite de Carrouges

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Le village de l’Être Blanchet

Du vingt et uniesme de juillet l’an mil six
cents soixante et neuf devant les tabellions
de Carrouges

Fut présent Pierre Lesenechal, maitre masson de Ste
Marguerite. Lequel s’est submis et obligé de faire et bastir
une pasée [1] manable [2] au village de l’Aistre
Blanchet, large de quinze pieds de clair et de lar
longueur seize pieds de clair [3], et de haulteur
neuf pieds à mesurer à la première pierre, à François
Blanchet fils feu Taneguy, à laquelle maison il
aura une huisserie, une cheminée et une
goulle [4] de four avec deux fenestres, le bas de laquelle
cheminée sera de careau [5], comme aussy fera ledict Lesenechal
un fouyer [6], à la charge par ledict Blanchet de
servir lesdicts massons de pierre et de mortier et
de tout ce qui sera nécessaire pour bastir
ladicte maison [7]. Et ce faict au moyen et parce que
ledict Blanchet a promis et s’est obligé
payer audict Lesenechal, la somme de
trente et une livres tournois payables scavoir
dans mercredy prochain, dix livres, autre dix livres
en commençant à bastir et le restant montant
unze quand ladicte maison sera faicte.
En vin [8] du présent vingt sols que le dict chapelle
Blanchet a payé présentement. A quoy faire, ils
obligèrent biens. Présents Julien Hamel, munier,
Germain Dutertre et Denis Chapelle. En glose
cheminée approuvé et une de valleur approuvé  [9]

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la goule du four
Sur une vieille maison, près du moulin des Noes, à Ste Marguerite, le four a disparu : restent la goule du four et la cheminée.

Notes

[1] On trouve plus souvent "une carrée de maison"

[2] habitable

[3] Faut-il lire pied de clerc ?

[4] gueule

[5] Pierre dure et résistante

[6] foyer

[7] Sans doute les murs seront-ils construits selon la technique dite de "l’’escalier à bouteille" : le mur, étant composé de deux parties en pierre avec de la terre au milieu, allait s’amincissant vers le haut. Pour assurer la cohésion des deux parties, on plaçait de plus grosses pierres qui faisaient la largeur du mur de place en place. Ces pierres étant très lourdes, il était d’usage que le propriétaire donne une bouteille à boire à chaque pierre. Les voisins et passants mesuraient ainsi la générosité du commanditaire. Notons au passage que cette générosité supposée n’était pas gratuite : le mur était ainsi de plus ou moins bonne qualité. D’autre part, le maçon le plus habile opérait sur la partie extérieure car elle était visible.

[8] En vin = pour le vin = pour les frais de l’acte. (On peut supposer qu’à l’origine le marché se faisait à la taverne autour d’une bouteille de vin au frais de l’acheteur....)

[9] Cote AD61 4E96/75 vue118 bientôt visible.