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Par : dozeville
Publié : 2 novembre 2012

1688 Mariage en pays du Maine et pays de Normandie

Le Houlme et le Passais se situent au sud de la Normandie et jouxtent le Maine.

Ce contrat est rédigé dans le Maine, mais il se pourrait que les futurs époux résident en Normandie, alors ce ne serait plus la même coutume qui s’appliquerait...

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La "frontière" entre la Normandie et le Maine est en pointillé sur la carte de Cassini.

Le douziesme jour de janvier l’an mil six
cents quatre vingt huit, avant midy, au
lieu de la Normanderie, paroisse d’Etrigé.

Par devant nous, Jean Dupin notaire royal au
Maine [1] pour la rézidence de Genellay, y demeurant
pour parfaire et acomplir le mariage espéré
entre chascuns de Jean Pienoir fils et héritier en
partye de défunct Martin Pienoir et Mathurine
Jarry de la Chapelle Moche d’une part
et Anne Farouelle fille et héritière en partye de
défunct Jacques Farouelle et de Renée Lamy dudit Etrigé
d’autre part. Ont compareu [2] en leurs personnes devant
nous lesdits futurs époux lesquels, deument submis [3],
se sont donné la foy et promis s’épouser l’un l’autre en
face de saincte églize catholique apostolique et
romaine si Dieu le permet. Ainsy à la première
réquisition que s’en de l’un l’autre, tout empeschement
légitime de droict cessant [4], et s’est la dicte future
mariée rafidée [5] avec ledict futur époux avec tous
et chacuns ses biens meubles, immeubles et héritages
en quelques lieux et endroits qu’ils puissent estre
situés et assis. Ce faict aussy en la présence et du
consentement de la dicte Mathurine Jarry laquelle a
marié et afidé ledict futur son fils avec ses
droit et partage [6] de la succession dudict défunct
Pienoir et d’elle après son décéds sur lesquels
héritages dudict futur époux ladite et future sera
douairée car de douaire avenant [7] et entreront lesdicts
futurs époux en communauté de biens suivant la
coustume des lieux où ils feront leur résidence [8].
Et accordé entre eux qu’en cas qu’ils facent [9] leur
résidence en la province de Normandie, en ce cas
les meubles appartenants à ladicte future épouse
seront estimés et aprétiés [10] dans le précédent jour de
leurs épousailles pour le prix d’iceulx estre reprins [11]
et relevé par ladicte future, ses hoirs [12] ou ayant cause, à la
garantie desquels ledict futur époux a, dès lors
comme dès à présent affecté et hypothéqué [13] tous et
chascun ses meubles, immeubles et héritages pour
iceulx [estre réputés réservés] [14] les propres [15] d’icelle
future, ses hoirs ou ayant cause en autant valant [16] que
le prix d’iceulx meubles sans toutefois dérogé [17] par
icelle future à ses autres droicts conformément à quoy
elle demeure réservée. Et sans ces présentes clauses, le
présent mariage meust [18] esté faict et acomply.
À quoy ont esté présents chascuns de Martin Pienoir,
frère dudict futur, Jean Paton [19] et Michel Godefray ses
beau-frères, Joseph Jarry, Michel Legaignant
et Michel Lerayer et Jean Dampou ses proches parents
et de François Lucas, Julien et François les
Faroilles, frères de la future, François Lerayer,
son beau-frère, Julien Lamy, son oncle et Gilles Galienne
son cousin tous demeurant en lesdictes paroisses de la
Chapelle, d’Etrigé et Genellay, de Thubeuf et
Juvigny lesquels deument submis, ont eu ce
présent pour agréable. En présence de Germain
Baudouin et Gilles Barbedienne, marchands dudict
Genellay et la Chapelle tesmoings. Lesquels futurs et
parents ont dict ne signer enquis [20] fors [21] les soubzsignés

signent (avec paraphe) : Joseph Jarry, MM Jary, M Gaignant, F ? Farouelle, L Faroille, G Baudoin, Lamy (signature datée :1688)
Marque : le futur
2 pseudo signatures (dont l’une en forme de paraphe)  [22] [23]

Notes

[1] La province du Maine a sa propre Coutume, ce devrait donc être elle qui s’applique

[2] comparu

[3] Bien avertis (du sens du contrat)

[4] Il faut comprendre -semble-t-il- qu’une opposition à ce mariage avait été faite et qu’elle est levée. Opposition d’une personne ou difficulté due au degré de parenté ou d’affinité (spirituelle) ?

[5] Ré-affidée

[6] Ici, c’est la Coutume du Maine : pas de don en argent, seulement le lot de partage (il faudra attendre que la succession soit ouverte).

[7] Selon la Coutume du Maine, le douaire de la veuve semble porter sur l’ensemble des biens du décédé. Le partage n’aura lieu qu’après le décès de la veuve mais entre tous les enfants (garçons et filles) toujours selon la Coutume Maine (A vérifier).

[8] La communauté de biens est interdite par la Coutume en Normandie, d’où la suite.

[9] fassent

[10] appréciés

[11] repris

[12] héritiers

[13] Il s’agit de garantir à l’épouse ou ses héritiers qu’elle retrouvera son bien – ou au moins sa valeur – en cas de décès du mari sans enfants vivants du mariage. Voir l’adage normand « Bien de femme ne saurait périr »

[14] Ce passage que je lis avec difficulté semble signifier "servir à garantir" (c’est tout au moins le sens habituel).

[15] Concernant les biens immeubles, on distingue :
- les propres (biens acquis par héritage)
- les acquêts (biens achetés seul)
- les conquêts (bien achetés pendant le mariage – même en Normandie où il n’y a pas de communauté de biens - voir article 329)

[16] Autant valant = de même valeur

[17] "rabaisser" ou plutôt ici "renoncer"

[18] Il faut sans doute comprendre "n’eust" pour "n’eût"(Sans ces … clauses, le …. mariage n’eût été fait et accompli )

[19] ou Patou

[20] Il faut comprendre "requis de signer". En réalité, presque tous signent

[21] sauf

[22] Voir l’acte sur geneanet. Cote : AD61 4E101/23

[23] Article à propos d’une recherche de Mme Claudine Soucque et de son ébauche de transcription.