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Par : dozeville
Publié : 17 septembre 2012

1720 la milice par Valentin Jamerey-Duval

Valentin Jamerey-Duval, né un 1695 à Arthenay (Yonne), dans une famille qui vit dans la plus complète misère, apprit à lire à plus de 15 ans. Il mourut à Vienne (Autriche) le 3 novembre 1775. Il était alors le bibliothécaire de l’impératrice Marie Thérèse.

Ses mémoires, un des rares témoignages de première main sur les paysans de l’époque fut utilisé, déformé, réécrit à maintes reprises.

En voici un court extrait concernant le service militaire. (D’autres suivront).

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Des soldats français au milieu du XVIIIe siècle. À gauche, un fantassin du Régiment de Guyenne. À droite, un fantassin du Régiment de Béarn.

"Mais ce qui mettait le comble à tous ces ravages était les fréquentes levées de milice. Au seul bruit qui s’en répandait, la jeunesse épouvantée allait se cacher dans les réduits les plus écartés et parmi les plus épaisses forêts. J’ai vu avec horreur des jeunes gens qui s’étaient mutilés pour se rendre malhabiles au métier des armes. Quelques-uns, emmenés par force, se sont précipités dans les rivières. J’en ai vu d’autres se marier presque avant l’usage de la raison, expédient qui très souvent leur était inutile puisque cet esclavage domestique n’empêchait pas certains vautours, à qui l’on donnait le nom odieux de vendeurs de chair humaine, de venir les enlever jusque dans le sein de leurs familles pour les traîner aux champs de Mars servir à émousser les épées anglaises ou germaniques. Que l’on ne croie pas que ce soit ici une exagération poétique... Ce qui m’a toujours révolté, c’est que la province était alors infestée par deux ou trois gentilshommes campagnards qui avaient la lâcheté d’exercer cet infâme brigandage..."  [1]

Notes

[1] Valentin Jamerey-Duval

"Mémoires"

"Enfance et éducation d’un paysan au XVIIIe siècle"

présentés par Jean Marie Goulemot

Minerve - 2011 (page 96)